Test : Shiness Lightning Kingdom

2 juin 2017 0 Par Jonathan JoPe PEDRAZZANI

Shiness aura mis près de 3 ans à voir le jour, mais le rêve de Samjin Rebib et Hazem Hawash a fini par se réaliser. Cet Action-RPG aux allures japonaises tire ses inspirations parmi les grands de ce monde (Zelda, DBZ, Final Fantasy). Toutefois, le jeu qui pour nous est le plus comparable au titre d’Enigami, est lui aussi Français (en mode Japon). Naruto: Rise of a Ninja d’Ubisoft est assez similaire dans son système de combat et ses fonctions RPG/Exploration. La grosse différence ici, Shiness reste un jeu indépendant. Malgré ses ambitions proches d’un triple A, il montre très rapidement ses faiblesses et la tolérance est de rigueur pour l’apprécier pleinement.

Kayenne utilise ses attaques Shi pour anéantir ses ennemis

Tout l’univers de Shiness est basé autour du Shi, cette énergie magique fondée sur les éléments du feu, de l’eau, la terre et l’air. Il y a bien longtemps, la planète Mahera fut détruite suite à un événement qui perturba l’équilibre du Shi. Pour une raison inconnue, les fragments de l’astre sont devenus des lieux de vies, appelés Meteora. L’une de ces îles célestes est considérée comme un paradis. Elle est recherchée par tous les aventuriers, persuadés d’y trouver les réponses à leurs questions. Chado, une créature mi-homme mi-animal (appelée Waki) veut se rendre là-bas afin de communiquer avec sa mère défunte. Il a cependant un avantage non négligeable pour atteindre son objectif. Un esprit de la nature, appelé Shiness, le guide dans sa quête.

Raccourci pour traverser la péninsule de Meonis

Chado est le seul à pouvoir observer et communiquer avec cet esprit, nommé Terra. Quand ils décident tous deux d’entamer le long voyage vers ce lieu de légende, ils partent en compagnie du meilleur ami de Chado, Poky. C’est ici que démarre l’aventure, juste après un accident qui clouent nos héros sur la Meteora Gendys. Première déception, le jeu n’a aucune voix française (pour un jeu 100% frenchy, un peu décevant…), mais surtout la version anglaise est insoutenable pour les oreilles… On peut comprendre qu’il fallait faire un choix afin de ne pas exploser le budget, mais des acteurs dignes de ce nom n’auraient pas fait de mal. En l’état c’est du niveau ‘série AB Production’, ce qui n’aide pas vraiment à se plonger dans l’ambiance…

Exploration de la forêt de Meonis

La direction artistique reste très agréable à l’œil, de nombreux détails et effets lumineux sont particulièrement esthétiques. Toutefois certains éléments graphiques peuvent aussi être totalement ratés. Les mouvements de l’eau sont à éviter du regard et mieux vaut ne pas trop se balader dans certains recoins des maps… Si tout ceci n’était que visuel ce ne serait pas bien méchant, mais le problème va malheureusement plus loin. La technique vient également perturber l’expérience du joueur, à coups de saccades et autre baissent de framerate. Si vous faites partie de ces gamers pour qui l’exigence est élevée, vous risquez bien de fustiger le jeu. Le gameplay est lui aussi touché par des défauts non-négligeable, les bugs de collisions en tête. On tombe régulièrement en suspension dans un vide invisible à cause d’une texture qui ne joue pas son rôle. Si on parvient à être tolérant sur ces défauts rédhibitoires, le voyage n’en est pas moins sympathique.

Repérage dans le camp ennemi d’Adorya

Vous l’aurez compris, ça souffle le chaud et le froid autour du jeu. Les animations des personnages gardent le même ton. Particulièrement réussies pendant les phases de combat, il en va tout autrement pendant les dialogues ou les déplacements dans le monde. Certaines démarches ou expressions corporels démontrent bien le manque d’expérience du studio français. Encore une fois il revient au joueur d’être tolérant face au travail accompli. Comme nous vous le précisions dans l’intro de cette critique, le système de combat est très similaire à Naruto Rise of a Ninja. Inclure des mécaniques de baston à un RPG fonctionne à merveille, c’est probablement le gros point fort du jeu. Au-delà des traditionnels combos, l’énergie du Shi permet des attaques magiques, façon Dragon Ball (sans le côté surpuissant de DBZ). Cependant, il y a là encore un défaut majeur pendant ces phases. La gestion des caméras peut parfois faire hurler. Pour peu que vous soyez dans un environnement avec pas mal de décor, la cam se retrouve bloquée et on y voit plus rien…

Balade avec les potes dans les plaines de Gendys

Malgré cela on prend un réel plaisir à bastonner ses ennemis, mais il ne faut pas avoir peur de l’échec. En effet, la difficulté est au rendez-vous et il ne faut pas hésiter à bien se balader pour acquérir l’expérience nécessaire. Ça tombe bien, pas mal de quête vont nécessiter pas mal d’aller-retour, avec les avantages du farming, mais surtout les inconvénients de la redondance. Toutefois, les environnements traversés sont vastes et assez variés. On ne peut pas parler d’open world, mais les zones sont suffisamment grandes pour en donner l’illusion. Certains donjons ou lieux particuliers proposent des puzzles plutôt bien pensés. Chaque personnage possède une capacité spécifique, permettant de résoudre certaines énigmes. Si la plupart sont assez simples, il arrive parfois de tomber sur un petit casse-tête qui fait bosser la matière grise.

Selfie de Chado et Terra

Notation : Fusion des Shi feu et glace
Shiness est résolument un bon jeu, du moins si vous n’êtes pas trop exigeant. Ces nombreux défauts risquent d’en décourager certains, mais son gameplay et son univers en charmera d’autres. Dès qu’on est émerveillé par ce qu’il propose, il y a systématiquement quelque chose qui parasite le plaisir. La musique est majoritairement agréable, mais certaines d’entre elles ont de quoi rendre dingue. L’interface de jeu est super esthétique, mais la navigation dans les menus peut aussi être fastidieuse. Toutefois, la durée de vie mettra tout le monde d’accord, puisqu’il faut un minimum de 20h pour en venir à bout. Sans compter qu’il est possible de faire divers choix qui modifieront légèrement des éléments du scénario d’une partie à l’autre (mais sans aller dans de profonds changements pour autant).