Test : Yooka-Laylee

2 juin 2017 0 Par Nicolas Balaguer

Vous aimez quand on vous titille la fibre nostalgique ? Quand vous avez l’impression de retomber en enfance ? C’est en tout cas ce que cherche à faire le studio Playtonic Games avec Yooka-Laylee. Les anciens de RARE s’inspirent du grand Banjo-Kazooie pour nous plonger dans un jeu de plateforme à la sauce 1998. Financé en crowfunding, c’est plus de 2 millions de livres sterling et 80,000 backers qui ont permis la naissance du titre. Il faut bien l’avouer, avec un budget comme celui-ci on s’attendait à une expérience palpitante. Force est de constater que le résultat est en dessous de nos attentes…

Les premières minutes de jeu dégage une sensation de vieillot. C’est normalement à ce moment précis que le plaisir du souvenir devrait réapparaître, mais ici étrangement cela ne fonctionne pas. C’est peut-être à cause de cette nouvelle licence et de ces personnages pas très convaincant. Le character design n’est pas particulièrement inspiré et les protagonistes ne dégagent rien de spécial. Les effets sonores de borborygme pour remplacer des voix ne sont vraiment plus au goût du jour, cela peut même devenir désagréable pour certains. On se retrouve donc à couper la chique des dialogues pour ne pas subir ce tintamarre inaudible. Du coup, on est en droit de se demander si ce jeu a vraiment une place en 2017, parmi tous les blockbusters du moment…

Tout n’est pas non plus à mettre au rebut, le gameplay permet tout de même une expérience de jeu agréable. L’effet rétrogaming est bien utilisé, essentiellement avec les minis-jeux Rextro’s arcade. Ce dinosaure tout droit sorti des années 80’s et de Toy Story nous amuse avec ses dialogues et ses bornes d’arcade aux sons 8bits. Une dizaine de jeux inspirés des grandes licences de l’époque proposent des défis et du jeu multijoueur. Ce qui permet de conserver le jeu un bon moment, en mode party games avec les amis. Pour le reste l’exploration des mondes 3D tout beau tout neuf, restent finalement assez classiques et rappelle les heures de gloire des Banjo-Kazooie (mais sans égaler le maître). Les défis s’enchaînent les uns après les autres et ont même tendances à se répéter un peu trop. On retrouve inlassablement la même chose d’un univers à l’autre. La valeur ajoutée se ressent un peu plus avec la fonction des mondes étendus. Une fois avoir accumulé suffisamment d’items clés (pagies), vous pouvez déverrouiller une version agrandie de toutes les maps. Si l’idée semble intéressante, là encore l’expérience de jeu est assez décevante.

Le jeu propose l’exploration de cinq mondes et d’un grand hub, mais même avec les mondes étendus, on en fait vite le tour. À l’arrivée, les extensions des univers permettent surtout d’augmenter la durée de vie du jeu, sans vraiment procurer une expérience enrichie pour le joueur. Il faut avoir une mémoire infaillible pour se souvenir des endroits qu’on a laissés de côté, afin de dénicher ce qu’on y cherche. Cependant, les environnements proposés sont assez sympa, mention spéciale pour le monde casino et son exploration en hélico, (qui rappelle Toy commander sur Dreamcast) ou la galaxie pirate et son navire spatial. En effet, après avoir obtenu un item précis, il est possible de se métamorphoser sous diverses formes (véhicules ou animales, en fonction du monde), afin d’accéder à de nouvelles zones ou défis. Cette fonction est probablement le vrai point fort du gameplay et vient apporter un peu d’air frais.

Notation : Madeleine de Proust mal cuite
Ce Yooka Laylee tente de faire resurgir de bons souvenirs, mais en ce qui nous concerne, il n’y parvient pas vraiment. L’ensemble est amusant, avec des références aux jeux vidéo dans tous les sens, une difficulté bien dosée et une ambiance musicale agréable. Cependant, les mécaniques ne parviennent pas à insuffler un véritable vent de nostalgie au premier jeu de Playtonic Games. Certaines phases de jeu sont assez frustrantes, comme les quiz du Dr.Quak, qui pourront vous bloquer un bon moment si vous n’avez pas le souci du détail. Certains défis ou boss demanderont également une patience inébranlable, ce qui pourrait agacer. À l’arrivée, on peut se demander si ce titre a vraiment la capacité de remémorer aux joueurs, l’âge d’or du jeu de plateforme à la sauce RARE. N’hésitez pas à nous faire partager votre ressenti à votre tour !