La Critique : Hob

Hob, c’est le genre de jeu qui arrive quand on s’y attend le moins. Vous glissez par mégarde dans son univers cell-shadé en constante transformation, et d’un coup vous ne faites plus qu’un avec son expérience reposante, calme, cérébrale, parfois même méditative (au point de rappeler le hit Journey). Le jeu se passe totalement de dialogues pour s’exprimer et se dévoiler au joueur. Non, ne regardez pas du côté du budget, ce n’est pas un soucis d’économie mais bel et bien un choix artistique réfléchi ! plus vous avancez dans l’aventure, plus vous êtes en phase avec son approche des puzzles et sa sublime narration environnementale. Découvrez dans ce Testing Labs le titre magique d’aventure Hob qu’on doit au studio Runic Games !

Tout d’abord, au sujet des développeurs : après deux Torchlight (et un mobile Free2play) à la réalisation et aux mécaniques maitrisées (et pour cause, trois vétérans de Blizzard North ayant notamment travaillé sur Diablo : Max Schaefer, Erich Schaefer et Peter Hu sont les fondateurs du studio), les compères décident de s’essayer à un nouveau genre. Terminé le « hack&slash » des familles, aussi connu sous le nom de « diablo-like », cette fois on se rapproche d’un autre sous-genre à particule : le Zelda-like. Jeu d’aventure qui a très clairement inspiré les natifs de Seattle et ce jusque dans l’accoutrement de notre héros. Il se retrouve équipé très rapidement en début de partie d’une épée et d’une cape à capuche (rouge, histoire de ne pas trop plagier Nintendo). On remarque aussi des similitudes dans les différentes mécaniques de progression. On peut même couper l’herbe compulsivement ! Si ce n’est pas clairement un signe…

Au niveau de l’esthétique, on est devant une évolution de la patte artistique du studio sur Torchlight (avec une caméra plus dynamique et proche, qui a parfois quelques soucis de positionnement). C’est Très coloré, cell-shadé, avec des aplats de couleurs et des textures simples. Les personnages ne sont pas menaçants et le tout est badigeonné d’une vibe enfantine et « cartoony » qu’on apprécie beaucoup ! Niveau performance, le jeu tourne sans soucis (peu importe la version), sur le moteur maison « OGRE Engine » développé en interne et qui servait déjà pour les précédents jeux. Le projet est une tentative pseudo-indépendante auto-financée par le studio (Runic étant d’habitude rattaché à l’éditeur Perfect World). Pourtant on apprend sur le blog officiel que c’est le plus gros chantier de l’équipe.

Au lancement, le jeu ne vous propose aucun pitch ou background, vous êtes directement lâché après une très courte introduction dans la nature bucolique (mais rongée par les mauvaises herbes mauves) à la poursuite d’un Golem de pierre runique. Quelques minutes plus tard, (ce n’est pas un spoiler) il vous sauvera la vie en vous greffant son bras grâce à la magie runique. Dés lors, votre personnage bénéficiera de pouvoirs et de compétences que vous continuerez à glaner tout au long de l’aventure. Le schéma type d’un metroid-vania / Zelda-like : le monde va s’ouvrir petit à petit, au fur et à mesure du déblocage des diverses compétences.

Hob propose bien entendu des donjons, et différents biomes à l’ambiance variée. Chaque zone a sa faune, sa flore, son climat. Alors que chaque donjon à ses puzzles environnementaux et ses épreuves de plateforming de plus en plus corsés. Une carte du monde est à tout moment visible dans l’inventaire, mais il faudra dans un premier temps faire disparaitre un « brouillard de guerre » au fur et à mesure de votre exploration. Une constante visuelle qui se retrouve partout dans le monde : ces vestiges antiques utilisent justement cette magie runique (Runic Games… #EUREKA). Identifiable au premier coup d’œil, l’architecture de ces ruines de bronze et d’énergie bleutée sert de support à tout un tas de mécanismes et d’énigmes ! L’ensemble a vraiment du charme et ne ressemble à aucun autre jeu !

La difficulté, elle, est savamment dosée. Sans parler des puzzles, Il n’est pas rare de mourir régulièrement, soit par une mauvaise chute soit lors d’un combat retors. Ceci dit, vous avez toujours un point de régénération (des « vita chambers » runiques) à proximité et le jeu n’est pas avare en rectangles (Eh oui ! ici pas de cœurs, vos points de vie sont carrés !). Vous trouverez aussi des réceptacles à points de vie, là aussi à la manière d’un Zelda. Pour la durée de vie le jeu m’a pris une quinzaine d’heures en prenant mon temps. Autant la re-jouabilité est minime, autant vous avez énormément d’objets a collectionner. À tel point que vos différentes fenêtres d’inventaire risquent de vous dérouter de premier abord ! Mais pas d’inquiétude, rien n’est obligatoire, ce sont uniquement des options supplémentaires pour les « complétionistes« . À ce propos, pour les plus tenaces il y a 4 « easter-eggs » à débloquer sur la carte, qui vous apporteront des informations sur l’univers… Je n’en dis pas plus ! Enfin, on retrouve des éléments de light-RPG comme la forge ou les magasins runiques qui vous proposent de dépenser ces objets de collection contre des améliorations en tout genre.

Note : 7/10

Pour un premier coup d’essai dans le genre aventure, Runic s’en sort plutôt bien et nous propose un jeu original malgré son inspiration assez marquée. Le feeling pad en main (vous pouvez oublier le clavier/souris pour un titre pareil) est bon et réactif. On est toujours responsable d’un saut loupé ou d’un combat contre un ennemis qui nous terrasse. Au niveau des points négatifs, on aurait apprécié pouvoir se « locker » sur un ennemi en particulier, afin d’augmenter le contrôle sur ces engagements. On peut aussi regretter le manque de direction et d’événements scénaristiques, voire de coups de théâtre épiques, créant quelques longueurs sur la fin de l’aventure. Malgré cela, le titre est enchanteur, avec une vraie maturité dans son design et ce même sans le moindre dialogue. Le joueur laisse libre cours à son imagination, prend plaisir à se perdre dans cet univers au level-design labyrinthique et dans sa tête par la même occasion 😉 !

Le jeu est disponible sur PC et PS4 depuis le 26 septembre 2017 au tarif unique de 19,99€. La bande originale du jeu est disponible à 9,99€

Page Steam : http://store.steampowered.com/app/404680/Hob/
Page Playstation : https://www.playstation.com/en-us/games/hob-ps4/
Site officiel : https://www.runicgames.com/hob/

Bande annonce de lancement

 

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