Devolver Digital ne fait pas que dans le trash ou le hardcore (gamer ou non), ils nous le prouvent avec la première création du studio Nomada. Cette équipe espagnole sort tout droit de l’industrie AAA, en grande partie de chez Ubisoft. Les voilà lancés dans le petit monde des indépendants, avec un gameplay plateforme simple et onirique. Ouvert à l’interprétation la plus totale, chacun peut y aller de sa petite histoire pour comprendre cet énigmatique voyage virtuel. Comme à notre habitude, nous vous proposons de découvrir le jeu à l’aide d’un récit sorti tout droit de notre imagination.

 


Support : PC / Switch (testé sur PC) – Éditeur : Devolver Digital / Développeur : Nomada Studio – Genre : Plateforme – Sortie : 13/12/18


 

Lunia est une artiste touche à tout, couteau Suisse comme on dit communément. Musique, sculpture, peinture, toute expression artistique est son royaume. Il y a cependant un domaine où elle excelle tout particulièrement, le chant. Sa voix a de quoi changer le monde, l’industrie du disque l’a bien compris et tente de la convaincre pour faire carrière. Alors qu’elle se rend à un rendez-vous dans une maison de disque prestigieuse, le pire se produit. Sa vie bascule après un accident de la route et la plonge dans un profond coma. C’est là que commence l’aventure qui la tient entre la vie et la mort…

 

 

Tout commence avec cet étrange personnage féminin, que certain ont dénommé Gris. Un visage d’ange affublée d’un écrin large et sombre, des membres brindilles en guise de bras et jambes. Se réveillant au creux d’une main de pierre gigantesque en léger mouvement, la jeune fille semble sortir d’un profond sommeil. À peine debout elle se met à chanter de tout son être, mais au bout de quelques secondes elle est prise de panique. Sa voix est désormais incapable de produire le moindre son, ce qui provoque une catastrophe insoupçonnée. La paume de cette structure de pierre s’effondre et Gris chute indéfiniment dans un ciel légèrement coloré.

 

Quand elle reprend connaissance, c’est un paysage de désolation et de ruines qui l’entoure. Toute juste capable de marcher, Gris entame un voyage sans vraiment comprendre le but qui la pousse à avancer. Elle croise progressivement d’étrange créatures, qui ne montrent aucun signe d’agressivité. Au bout d’un moment, elle se retrouve nez à nez devant un étrange feu follet scintillant. Elle comprend par elle-même le rôle de ces petites étoiles qui la suivent partout. Tels des clés, ces lumières permettent d’accéder à de nouvelles zones. En atteignant un sanctuaire qui semble se trouver au cœur du monde, elle s’aperçoit que les étoiles s’installent dans le ciel pour former une constellation. Gris a désormais compris son objectif, reconstituer ce dessin dans le ciel…

 

 

L’espoir renaît, même si tout cet univers reste encore très mystérieux. Cet engouement provoque un étonnant phénomène, les couleurs jaillissent progressivement à chaque accomplissement. Telles des gouttes de peinture qui se diluent dans l’eau, le rouge, le bleu, le vert et le jaune s’installent petit à petit dans l’environnement. Comme un retour de la vie et la nature, ce monde onirique s’anime de plus en plus. Gris traverse un désert, une forêt luxuriante, une grotte inondée et un temple de verre. Même si elle ne rencontre aucune réelle difficulté dans son périple, c’est surtout sa matière grise qui lui titille les neurones.

 

Franchir certains obstacles nécessitent des pouvoirs spéciaux. Ses petites clés étoilées lui permettent parfois d’obtenir de nouvelles capacités. Sa robe noire peut ainsi se transformer en un bloc très lourd qui peut détruire un sol instable. Ou encore un triangle lui permet de nager sous les eaux telle une raie manta. Son pouvoir ultime réside dans sa voix, qui peut à elle seule redonner vie à la faune ou la flore. Il y a cependant une entité qui menace la petite Gris, une forme sombre et effrayante cherche à la happer par tous les moyens. Même si rien ne peut vraiment la tuer, ce monstre ne recule devient rien pour la faire disparaître à tout jamais…

 

 


CONCLUSION : 7/10 BON

GRIS est une ballade sans aucun défi, qui risque de décevoir le gamer pure souche. Seules quelques puzzles viendront ralentir la progression, mais sans jamais agacer. Toute l’essence du titre de Nomada Studio réside dans son ambiance. Sa musique envoûtante et son esthétique onirique ont vite fait de vous embarquer dans le voyage. Un plateforme au gameplay classique avec quelques challenges secondaires, mais qui n’étendront pas vraiment la durée de vie du jeu (qui se finit en quelques heures). Quelques idées de puzzles sortent de l’ordinaire, mais encore une fois c’est surtout l’aspect artistique qui tire son épingle. Une histoire ouverte aux interprétations les plus folles, sans jamais donner de réponses claires et définitives.


Points positifs :
– La bande son composée par Berlinist
– L’ambiance et l’esthétique

Points négatifs :
– Le gameplay en mode ballade
– La durée de vie


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :