Just Cause c’est des explosions, de la destruction et des tirs dans tous les sens façon film de Michael Bay. C’est ça l’ADN du titre de Avalanche Studio et c’est le concept même du jeu depuis le premier épisode. Un peu à la manière d’un Saint’s Row ou Agent of Mayhem, des titres qui ne se prennent pas au sérieux. Qui nous proposent un gameplay très libre et surtout défoulant. C’est ce qui se retient quand nous connaissons la licence et la voyons écrite sur un boitier au magasin. C’est ce que l’on attend.

 


Support : PC / PS4 / XONE / (testé sur Xbox One X) – Éditeur : Square Enix / Développeur : Avalanche Studios – Genre : Action-Aventure – Sortie : 04/12/18 – PEGI 18+



Alors le changement c’est bien oui, mais quand ça ne dénature pas tout le concept d’un jeu. C’est ce que vont entreprendre les développeurs de Just Cause 4, rendant le jeu énervant au possible. Il faut bien sûr faire évoluer le jeu entre chaque épisode, trouver des mécaniques qui rendront la progression intéressante tout en se renouvelant du précédent opus. C’est sur un travail difficile que les développeurs et surtout les game design, doivent se pencher au début d’un nouveau projet. Il est parfois bon de casser les codes pour proposer un vent de fraicheur. Mais attention, et ce avec un grand MAIS, il ne faut jamais oublier l’essence même de la série. Car si le changement pousse à une transformation complète, autant changer le nom du dit jeu.

En 2018 c’est The Legend of Zelda Breath of the Wild qui a opéré une transformation radicale de ses mécaniques. Cela en poussant même à détruire un concept fondamental de la série, les donjons. Ils étaient éparpillés entre sanctuaires et des chimères mécaniques. Beaucoup trop court et détruisant ce qui faisait le coeur du jeu, les énigmes. C’est exactement ce même changement qui a été apporté au titre de Square Enix.

 


Attention, Just Cause n’est pas un mauvais jeu, il est juste un mauvais Just Cause. Il se serait appelé autrement, la déception n’aurait pas été de même. Il nous aura fallu du temps avant d’écrire cela. Les chances données au titre, de comprendre la nouvelle mécanique et d’essayer d’y chercher du plaisir, ont été nombreuses, mais toutes infructueuses. Pour nous malheureusement il y a erreur sur la marchandise.

Un Just Cause c’est un jeu d’action avant tout et d’aventure par la suite, avec l’exploration de grands terrains de jeux, qui regorgent de nombreux clins d’oeil et secrets, appelés dans le jargon geek, des easter eggs (oeufs de Pâques, puisqu’il faut chercher pour les trouver). Les développeurs d’Avalanche Studios, ont voulu définir un élément clé du jeu, qui pour nous change absolument tout et entame de manière irréversible, l’essence même et le fun que le jeu pouvait procurer.

Les précédents titres de cette explosive licence nous demandaient de réduire à néant et ce par tous les moyens de destructions possibles, les nombreuses bases ou complexes de la faction ennemi. Nous arrivions devant ce beau bâtiment composé de métal et de fer, orné d’un rouge qui nous appelait à tout faire exploser. C’était comme si nous nous retrouvions devant un énorme festin et qu’il fallait tout manger. La mission était simple, détruire pour affaiblir notre adversaire, puis ainsi aider les gentils à reprendre leur droit. Même si le genre du jeu se défini comme étant de l’action pure et dure, il y avait un sentiment de conquête propre aux jeux de stratégie. Le fait de voir petit à petit la zone des opposants se réduire et celle de nos alliés reprendre le dessus est particulièrement amusant tout au long de notre progression.

 

 

Dans Just Cause 4, les destructions des installations militaires sont bien présentes, mais elles ne sont plus obligatoires pour progresser dans le jeu. C’est bien le nouveau système qui nous rebute au plus au point. Le jeu se veut beaucoup plus stratégique dans sa récupération de zone. Au point de nous proposer un système très compliqué à comprendre pour ce type de jeu. La première fois que nous ouvrons la carte, il y a des informations dans tous les sens et il est difficile de s’y repérer correctement. Vous pouvez le voir lors de nos tout premiers livres sur le jeu. Le jeu à beau nous expliquer quoi faire, ce n’est pas du tout ce que nous attendions d’un Just Cause. L’essence du jeu depuis 3 épisodes maintenant, c’est accessibilité, action et fun. De l’action il y en a toujours, mais les deux points précédemment cités, ne sont plus de la partie.



Pour progresser, il faudra remplir trois types de missions différentes, qui vous donneront trois types de points d’expérience différents. Cela a pour but de mieux exploiter et explorer la carte de jeu mise à disposition. Si au tout début nous pensons que c’est de la poudre aux yeux, finalement le concept va se dévoiler plus intéressant au fil des missions. Mais là où le bât blesse réside dans certaines missions pour gagner de l’expérience. Il y a donc trois types de missions à faire, dans l’ordre celles de Sargento, qui sont des missions d’entraînement de l’armée que vous allez constituer. Il s’agit de missions très classiques, où il faut lancer des attaques ou livrer des colis. Nous trouverons ensuite les missions de Garland qui sont des cascades à réaliser en véhicule ou en wingsuit. Puis il y a Javis et ses missions afin de connaître l’histoire de l’île. Ces trois missions permettront d’améliorer l’élément central du jeu, le grappin. Cette fois il ne s’agit pas que d’un simple treuil qui nous permet de nous déplacer plus rapidement. Il y a un véritable bijou de technologie, comme s’il était un gadget tout en un des merveilleuses trouvailles de Q dans James Bond.

 


Cependant nous allons porter notre attention sur les missions de cascade de Garland, car c’est bien elles qui nous posent problème dans la progression du jeu. Les réussir permettra de débloquer des éléments de progressions important dans chaque zone du jeu. Ce sont ces missions qui permettent de trouver d’autres quêtes et de renforcer votre sympathie auprès des rebelles. Pour nous c’est le problème majeur du titre. Rappelons qu’il s’agit d’un jeu d’action, basé depuis des années sur la destruction massive et là, le jeu se repose sur un autre type de gameplay, auquel nous ne nous attendions pas. Réussir des cascades pour avancer. Alors si le jeu était une suite à Stuntman, pas de problème, en connaissance de cause nous n’aurions pas porté notre dévolu sur le jeu. L’idée peut plaire, mais ce n’est pas du Just Cause, ce n’est pas ce que nous pouvons attendre comme mécanique d’un jeu qui a toujours prôné le bourrinage sans vergogne et l’action à foison. Le jeu ne se construit pas uniquement sur ces missions, mais elles font partie du trio de missions obligatoires pour progresser.



Ce système nous rappelle le même opéré dans Banjo Kazooie Nuts and Bolts sur Xbox 360. Nous passions d’un jeu de plateforme traditionnel qui avait fait les beaux jours de la Nintendo 64, à un titre au concept revisité où il fallait rassembler et conduire des véhicules dans une successions de mini jeux. Hors ce n’est pas ce à quoi les joueurs ou joueuses habitués de la série s’attendent. Le principe est changé et le système peut être rebutant pour ceux qui n’ont pas d’affinité avec ce dernier. Ce qui est notre cas dans la situation présente.


De ce fait ces passages sont souvent très compliqués, notamment les phases en wingsuit. Gadget de déplacement rapide qui est tout sauf précis. Le wingsuit n’est pas simple à manier et il faudra de l’entrainement avant de savoir le contrôler. Les missions sont très rageantes et les crises de nerfs jamais loin. Un jeu peut être compétitif et complexe, si cela est bien amené, ce qui n’est clairement pas le cas dans Just Cause 4.

 


Au delà ce point essentiel et par lequel les joueurs ou joueuses seront obligés de passer. Comme nous le disions plus haut, il ne s’agit pas d’un mauvais jeu, si nous savons à quoi nous attendre. Si ces missions ne vous font pas peur, il y a de nombreuses bonnes idées qui se cachent derrière. Une immense zone de jeu, avec de nombreuses autres missions et un système de conquête de territoire sur la carte, qui pourrait faire penser au jeux de plateau Risk, en bien plus simple. Au fur et à mesure de la réussite de vos missions, vous gagnerez des unités qui seront mises en réserve. Il faudra les répartir sur la carte pour défendre les frontières et conquérir de nouvelles régions. Ce système est intéressant et permet ainsi de bien suivre la progression au fil de l’aventure.



Mais ce qui est regrettable dans tout cela, c’est la destruction des installations ennemies qui est reléguée au second plan. C’est fort dommage qu’un juste équilibre ou qu’un système plus adapté à ce qu’est la série Just Cause, n’ait pas été trouvé. Cela aurait évité bien des déceptions. Les mécaniques de Just Cause 4 sont bien plus difficiles qu’elles n’y paraissent et c’est pour cela qu’il nous aura fallu un peu plus d’un mois pour bien les comprendre et ne pas se fourvoyer dessus. Just Cause 4 est un jeu immense, nous comprenons le travail titanesque qui doit se cacher en production. Nos craintes se sont avérées dès les premières minutes, mais il aura fallu plusieurs jours sur plusieurs sessions, pour braver tant bien que mal nos difficultés d’approche pour comprendre le jeu dans son ensemble. Malgré cela, même si nous pouvons trouver du fun dans le jeu, il est bien loin de ce qui faisait la recette détonante dans le précédent opus de la franchise.

 


Par ailleurs un autre point important du titre ne rend honneur à la série. Il s’agit de son moteur technique, dénommé ici l’Apex Engine. Pour la note, le terme Apex est souvent utilisé pour pointer une innovation à la pointe de la technologie. Nous le retrouvons souvent dans la conception aérospatiale ou alors dans le milieu de la mécanique automobile. Le résultat qu’offre le moteur est catastrophique pour un jeu de ce genre en 2018 (année de sortie du jeu), et même maintenant près d’un mois après sa commercialisation en 2019.



Les deux premiers Just Cause étaient des vitrines technologiques pour les supports de l’époque, ainsi que pour le développeur. Des environnements gigantesques au tout début des jeux en bac à sable. Mais quand Just Cause 3 est sortie, la concurrence n’était plus la même. Les autres productions à monde ouvert étaient beaucoup plus nombreuses et le moteur des aventures de Rico commençait à dater. Il fallait aux développeurs, savoir se réinventer et c’est ainsi que débuta le développement d’un tout nouveau moteur, celui présent dans Just Cause 4.



La technique est déplorable et là encore, nous avons voulu donner le temps aux choses. Attendre les mises à jour de l’équipe de développement, s’ils pouvaient améliorer au fil des semaines les nombreuses lacunes autour de la technique du titre. Ce n’est hélas pas le cas. Les soucis de blancs brûlés sont toujours visibles, l’aliasing s’invite dans chaque élément et le clipping se montre à chaque instant. Alors certes, le jeu est grand, vaste, et nous pouvons regarder à perte de vues. Il y a une énorme sensation de liberté lorsque nous sommes en parachute, en wingsuit ou dans les engins volants comme un avion ou un hélicoptère. Mais ces lacunes du moteur, gâchent l’immersion dans le jeu. Surtout les blancs surexposés qui nous éclatent la rétine et nous fatiguent assez rapidement.

 


Chez Renegades, la qualité vidéo est importante, qu’elle soit technique ou artistique. Nous essayons de travailler dans les meilleures conditions et apporter un soin tout particulier au traitement de l’image. Just Cause 4 a ainsi été joué sur 3 écrans différents et ce en résolution 1080p et 4K, sur des écrans NeoPlasma et OLED, sans et avec le HDR d’activé. Là encore sur cette technologie, nous avons eu l’occasion de tester le Dolby Vision et le HDR Plus. Malgré ces nombreux tests techniques, la surexposition dont le titre bénéficie aux niveaux des blancs est visible dans chaque configuration. Que ce soit début décembre ou tout récemment en janvier, en nous assurant d’avoir la dernière mise à jour, rien n’y fait.



Tout n’est pas négatif non plus, les explosions et les effets de destructions sont eux, magnifiques. Sur ce point, le moteur fait des merveilles et malgré la mise au second plan de la destruction des bases, nous y passons quand même du temps à les dynamiter, même si cela n’a plus les mêmes récompenses.


CONCLUSION : 6/10 PEUT MIEUX FAIRE


Pour un Just Cause ce n’est pas le meilleur de la série, même s’il se renouvelle en comparaison avec le précédent, il n’apporte pas la même intensité de plaisir à y revenir. Les mécaniques s’éloignent beaucoup trop de ce à quoi la série nous avait habitué. Il est possible de se renouveler, c’est même un challenge difficile pour chaque développeur, mais là l’ADN du jeu n’est plus la même. Il reste un bon jeu d’action, mais le sujet ici était Just Cause, et pour cela la copie est hors sujet.



Les plus :

– Un monde très grand
– De nombreuses quêtes
– Un scénario façon Mission Impossible
– La sensation de liberté dans la progression
– Le système des défis en ligne
– Les explosions

Les moins :

– Les mécaniques de jeu qui ne sont plus celles d’un Just Cause
– Le changement c’est pas évident
– Un moteur Apex qui n’est pas à la pointe de la technologie
– La répétitivité des missions au bout d’un moment



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