La Critique : Resident Evil 2

Née de l’impulsion de Hideki Kamiya et Shinji Mikami, la saga Resident Evil démocratisa les jeux vidéo d’horreur avec les premiers pas de la PlayStation. Même si la paternité du genre appartient à Frédérick Raynal avec Alone in the Dark, mais ce dernier n’est connu à l’époque que des joueurs ou joueuses sur windows.

Support : PC, PS4 et Xbox One (joué sur Xbox One X) – Editeur : Capcom – Développeur : Capcom – Genre : Survival Horror – PEGI 18+

La Playstation première du nom a pu accueillir 3 épisodes canoniques qui ont marqué la série à tout jamais. Si la base de la licence a pu se voir offrir un remake somptueux sur GameCube avec Resident Evil Rebirth, depuis nous attendions que d’autres titres de la licence soient refaits de fond en comble.

 

Il aura fallu attendre le printemps 2018, soit près de 20 ans après la sortie initiale, pour que le projet Resident Evil 2 “Remake” puisse être confirmé. Pas besoin de patienter des années comme pour un certain Final Fantasy VII (hum hum), afin de voir le projet aboutir. C’est le 25 janvier que sorti le jeu sur PC, PlayStation 4 et Xbox One. L’occasion pour nous de replonger dans l’univers si terrifiant de Resident Evil, comme à la grande époque.

 

 

Il s’agit ici, bien d’un remake et non un remaster. La différence entre les deux termes, le premier est une refonte complète du titre, le second est une mise à jour des textures aux technologies de maintenant, HD ou 4K, mais sans retravailler l’environnement. Les équipes de Capcom, qui ne sont plus chapeautées par le papa de la série, Shinji Mikami, ont su faire un travail titanesque pour rendre hommage à son travail initial. Utilisant le très bon RE Engine (le moteur qui propulsa Resident Evil VII), le jeu s’offre une réalisation haut de gamme. Dès les premières images, c’est une claque autant sur le plan visuel, que celui de l’immersion.

 

Les jeux de survie et d’horreur se font maintenant plus rares que durant la fin des années 90 début 2000. Quelques bons titres existent, mais leurs sorties sont assez discrètes, laissant place à toujours plus d’action. Si Resident Evil 4, 5 et 6 s’étaient fourvoyés dans cette direction, Resident Evil VII avait pu remettre les choses à leur place, avec un épisode bien sombre et gore. Ce remake marche dans les pas de ce dernier. Une ambiance apocalyptique et réaliste recouvre le titre. La version d’origine était déjà assez flippante pour l’époque. Capcom a su gommer tout cela pour nous perdre totalement dans une aventure méconnaissable.

 

 

Ce Resident Evil 2 est complètement terrifiant. Le traitement de l’image, des zombies et la mise en scène, est incroyable. Nous avançons dans le jeu à tâtons, à la fois pour observer le magnifique travail des concepteurs, mais aussi par crainte de ce que l’on peut trouver à chaque tournant d’un couloir. Stress, inquiétude, anxiété, sont les adjectifs qui définissent au mieux les instants passés dans les dédales du commissariat de Racoon City. Si nous nous pensions être à l’abri dans les salles éclairées, ou dans le hall, c’est sans compter faire face à l’inarrêtable Mr X, qui arrivera peu après le début de l’aventure. Dans la version de 1998, Mr X était déjà flippant, il vous poursuivait tel un Nemesis dans les pièces du commissariat.

 

Maintenant, sa présence au casting est une véritable source d’angoisse. Il nous poursuit plus, il nous traque et cela marque toute une différence. Dans la précédente version, il était grand mais seulement d’une tête de plus. Là il est titanesque, impressionnant et s’il nous attrape ses coups sont à la fois dévastateurs et font très mal. Mais le pire, c’est le jeu de cache-cache qui nous attend. Après l’avoir un peu affaibli et une fois que vous aurez changé de pièce, il se relèvera, pour mieux vous traquer. Alors qu’à l’origine il pouvait tout simplement débouler devant vous, en détruisant un mur, maintenant il va tout simplement marcher tranquillement, avec comme unique indice de sa présence, le son de ses pas. Plus il se rapproche de votre position, plus les bruits s’intensifient. Cela fait grimper le trouillomètre à son maximum. Tout d’abord nous avançons doucement, pour faire le moins de bruit possible, puis nous cédons à la panique et courons dans tous les sens. Peu importe les zombies sur notre chemin, même s’il faut savoir se faire discret pour échapper à la vigilance des Lickers. Ah ces lickers, que de souvenirs que nous aurions aimé ne pas revoir. Ce couloir où il surgit pour la première fois. Nous nous en souvenons au point de craindre le moment de leur retour. Même si nous connaissions l’instant précis, leur apparition n’a pas manqué de nous faire sursauter. Ils sont encore plus monstrueux qu’ils ne l’étaient dans nos mémoires.

 

 

La nouvelle version du jeu a revu aussi de nombreux points dans sa mise en scène. Mr X, arrive d’une autre manière qu’en 1998, le passage avec Ada Wong a aussi été retravaillé et légèrement modifié, tout comme les dialogues avec le Chef de la Police et la partie avec Sherry. Ainsi nous découvrons le scénario conté d’une façon alternative, afin de mieux insérer des éléments que nous avons connus dans les autres épisodes de la série et voir une chronologie plus cohérente dans son ensemble. En plus de ces modifications sur l’écriture, une nouvelle mécanique de jeu fait son apparition. Le fait de pouvoir récupérer des planches de bois et de barricader les fenêtres du premier étage. Certains zombies pourront les casser une première fois, vous pourrez les réparer et ainsi empêcher la propagation de créatures dans le commissariat. Faites-le, c’est un conseil que nous vous donnons. Les munitions étant beaucoup plus rares et les ennemis beaucoup plus coriaces qu’à l’époque.

 

Le jeu se compose de trois modes de difficultés ; facile, normal et difficile. Chacun proposera ses atouts pour rendre l’aventure plus sécurisante ou plus traumatisante. En mode facile, vous aurez la vie qui se régénérera un petit peu, des créatures moins résistantes et la visée automatique. Le mode normal retirera ses aides et le mode difficile rendra les ennemis plus costauds et vous devrez trouver des rubans d’encre pour pouvoir sauvegarder aux machines à écrire . Elles sont de retour ! Le jeu ne cèdera pas à la mode de la sauvegarde automatique. Comme en 1998 vous devrez, peu importe le mode de difficulté choisi, trouver les points de sauvegarde pour enregistrer votre partie. Les coffres sont toujours présents et là encore, il va falloir bien gérer son inventaire. Au tout début vous allez commencer avec 8 cases dans votre sac. Puis vous pourrez en gagner 2 nouvelles à chaque fois que vous trouverez un sac. Malgré les aides du mode facile, le jeu n’est pas dénaturé de son élément le plus difficile, la peur. Dans ce Resident Evil 2, l’ennemi numéro un n’est pas les zombies, c’est la peur permanente. Un sentiment de crainte accentué à chaque niveau de difficulté, mais déjà très présent même dans le mode facile.

 

La seule petite ombre au tableau est la gestion des choppes des zombies. Nous nous retrouvons dans un couloir et pas moyen d’esquiver une de ces créatures. Il faut leur tirer minimum une balle dans la tête pour les étourdir une seconde et demi. S’ils parviennent à nous attraper, la caméra va devenir folle en suivant l’action, à tel point que quand nous récupérons nos esprits, nous ne savons plus où est le nord. De ce fait les autres zombies peuvent nous tomber dessus ou on peut repartir dans la mauvaise direction. Cela peu devenir rapidement rageant surtout si nous sommes dans un mode de difficulté élevé.

 

CONCLUSION : 9/10 EXCELLENT

La peur au ventre c’est ce qui définit au mieux ce remake de Resident Evil 2. S’il ne s’agit pas d’un épisode inédit, il en a cependant tout l’air. Visuellement magnifique, inquiétant, troublant, doté d’une ambiance pesante, d’une atmosphère étouffante. Le jeu se déroule à merveille entre moments de stress, de poursuites, puis nous retrouvons un calme tout relatif pendant quelques instants, avant de repartir dans une traque effrénée dans les bâtiments de Racoon City.

Points positifs :

– Visuellement somptueux
– Une ambiance incroyable
– Une boule dans le ventre à chaque instant
– L’écriture refaite
– Quelques ajouts dans le gameplay
– La peur, la véritable difficulté du jeu

Points négatifs :

– Les choppes des zombies
– La gestion lors des morsures
– La peur

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