Affaire Micromania-Zing quand la presse s’emballe

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Depuis quelques jours c’est l’affolement à propos de la santé financière du géant du jeu vidéo, GameStop. Ce remue-ménage affecte ainsi l’enseigne française, Micromania-Zing, détenue par le précédent cité. Certains médias français n’hésitent pas à jouer sur la peur, en annonçant une enseigne dans la tourmente, qui pourrait fermer sous peu. Certains “journalistes” continuent de jouer sur le sensationnalisme au lieu de s’intéresser correctement au sujet. Chez Renegades, nous avons décidé de vous expliquer la situation, du fait d’avoir une meilleure compréhension de l’affaire GameStop et Micromania Zing.

 

 

Pendant que les messagers de l’apocalypse affolent les foules en plongeant dans le sensationnalisme pour faire quelques clics, nous avons mené notre enquête pour démêler le faux du vrai. Tout d’abord, ce n’est pas parce qu’une action chute, qu’une structure va fermer. Ni même à cause d’un déficit, sinon il n’y aurait plus beaucoup de sociétés cotées en bourse encore en activité. L’été dernier Apple avait décroché en bourse passant d’une valorisation de 1000 milliards à 715 milliards de dollars. Bien sûr les proportions sont différentes, mais personne n’a parlé de fermeture, de restriction budgétaire ou de licenciement.

 

 

Tout part d’une déclaration des actuels dirigeants de GameStop, annonçant qu’ils renoncent à trouver un repreneur, ce après plusieurs mois de recherches infructueuses. Faisant de ce fait chuter l’action de 16 à 11 euros (soit 30%). L’enseigne américaine accuse un déficit de 816 millions d’euros. Évidemment sur le papier cela n’est pas rassurant, mais est-ce que cela signifie pour autant la fin du géant américain, ainsi que de l’enseigne française ? Non.

 

Ce jour, Micromania-Zing se porte bien, ils vont dégager pour l’année 2018, des bénéfices où l’ensemble des salariés va pouvoir en profiter, tout comme pour les années précédentes. La croissance est bonne depuis plusieurs années. Les problèmes de GameStop, ne semblent pas affecter la France. Par ailleurs, même si Micromania a été repris par GameStop en 2008, quels sont les accords internes ? Est-ce que GameStop peut entraîner Micromania-Zing dans sa chute ? Pas nécessairement, notre enquête a confirmé que l’enseigne française dispose de clause en cas de faillite de la maison mère, qui pourrait leur permettre de survivre. D’autre part, même si demain GameStop se place en faillite, les très bons résultats de Micromania-Zing seraient favorables aux magasins français pour trouver un repreneur. Ce n’est pas parce qu’une société américaine déclare sa faillite, qu’elle va fermer. L’exemple le plus parlant, est le cas de Toys‘R’Us. Le géant du jouet a liquidé ses 735 magasins aux États-Unis en 2018, pourtant elle est toujours présente en France, puisque Jellej a repris les magasins français.

 

 

Le marché de la vente de jeu vidéo en magasin, n’est certes pas en grande forme et il est normal de se poser la question concernant l’avenir de ce modèle économique à sens unique. Il y a quelques années, le premier concurrent de GameStop, l’enseigne GAME, a disparu de la surface de la terre. Laissant ainsi le monopole à la société américaine. Le dématérialisé prend des parts de marché, ainsi que la vente sur Internet qui casse les prix, comme les grandes surfaces. Il est difficile alors pour une enseigne comme Micromania de faire face. Si nous pouvons nous inquiéter de perdre cette marque historique dans quelques années peut-être, ce n’est pas à l’ordre du jour.

 

L’action a donc baissé et GameStop a renoncé à trouver un repreneur. Mais à aucun moment il n’a été question de mise en faillite ou de fermeture. L’information est simple et ce n’est pas le but des médias de dessiner l’avenir. Pour le moment GameStop va changer de stratégie pour essayer d’inverser la tendance. Concernant Micromania-Zing, c’est une autre histoire. Au moment où GameStop fait ces annonces, nombreux sont les papiers qui s’empressent d’imaginer le pire pour l’enseigne française, qui fut rachetée en 2008 par GameStop. Mais au delà de penser au pire et faire peur aux salariés de ces enseignes, personne n’a essayé de faire un véritable travail journalistique ? Comme contacter le principal intéressé ? Selon un communiqué de presse de Micromania-Zing en date du 8 février à 9h00, soit à peu près 12h après les premières publications des articles alarmistes, aucun média n’aurait pris la peine de contacter le siège pour confirmer leur crainte. C’est là que va naître l’effet “Fake News”, propager une information basée uniquement sur son appréciation personnel. Les journalistes sont donc aussi analystes financier ? Micromania-Zing rassure et met tout le monde au diapason, ce lundi matin les rédactions publient un correctif, assurant que Micromania-Zing va bien. Mais le mal est fait.

 

 

Depuis le début de cette affaire, chez Renegades nous cherchons à savoir ce qui se passe réellement en interne. Nous avons d’abord contacté des vendeurs et vendeuses de la marque. La première information, est qu’ils ont très mal vécu ces articles, craignant légitimement pour leur travail dans un court/moyen terme. Puis ensuite cela a semé la confusion au sein de l’entreprise. Finalement l’enseigne réagit assez rapidement et dément toutes les rumeurs de fermetures.


Il n’y a donc pas de fumée sans feu et l’incendie aurait pu être évité, si les médias se disant professionnels s’étaient arrêtés à juste relayer l’information en essayant de la comprendre, au lieu d’essayer de faire peur pour avoir quelques clics supplémentaires.

2 Replies to “Affaire Micromania-Zing quand la presse s’emballe”

    1. Générer du clics ? Dans quel but ? Celui d’informer bien sur, d’expliquer la situation et de mieux la comprendre. Je vous ferais remarquer que Renegades affiche zéro publicité ? Nous sommes un média 100% indépendant et notre ligne éditoriale se repose sur le fait d’informer et de divertir.

      L’article est là pour mieux comprendre la situation d’une actualité majeure (en France) dans l’industrie vidéo ludique. Le but de notre projet est d’informer au mieux sur les faits de l’actualité, avec des informations traitées et vérifiées.

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