The Weeknd – After Hours : Un Bad trip qui résonne comme un coup de génie !

Je ne saurais que trop vous recommander de visionner les clips dans leur ordre de défilement, ils forment un tout cohérent et brillant !!

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Des effluves d’opiacés…

 

Après un album gorgé de tubes (Starboy / 2016) et s’illustrant par deux excellentes collaborations avec les Daft Punk (excusez moi du peu !), The Weeknd accouchait en 2018 d’un maxi (Dear Melancholy) bien plus urbain, nous ramenant au côté street des débuts de l’artiste. Sobrement intitulé After Hours quelle direction prend ce nouvel album ?

Date de sortie : 20 mars 2020 – Format : CD / Vinyle / K7 / Téléchargement – Style : Hip-Hop/Funk/Electro

 

Une première moitié classique…

Premier constat à l’ouverture, le titre Alone Again nous emmène en terrain connu. Voix posée, rythme qui nous prend par la main avec délicatesse, le morceau rappelle les plus langoureux de l’artiste.

Il prend en épaisseur passé la première minute. La basse devient lourde, le beat s’intensifie pour devenir très actuel. Il y a clairement un gap depuis Starboy, déjà pressenti avec Dear melancholy.

S’ensuit un Too Late plutôt classique, mais diablement efficace. Jusque là, pas de surprise, clairement The Weeknd ne bouscule pas ses habitudes. L’histoire se construit, le rythme gagne en gravité. Je suis un peu sur ma faim.

Mais le troisième morceau arrive. Les crépitements d’un vinyle poussiéreux se font entendre, présageant d’une instru moins moderne. Un synthé ouvre le morceau, The Weeknd pose une voix millimétrée, presque parfaite.

Le morceau mélange habilement dynamique moderne et instrumentalisation plus ancienne. Le titre du morceau, Hardest to love trahit peu à peu le sentiment de l’artiste. 

Le visuel de la pochette de l’album nous le montre détruit, blessé mais souriant, les dents rougis par son sang frais. Ce morceau entame un premier virage. Chaque titre s’enchaîne et nous happe peu à peu dans un univers triste et froid.

Scared to Live est à n’en pas douter le morceau le plus mélancolique de l’album. Cette peur de vivre résonne et me fait frissonner. Il y a une forme de résignation, matinée d’amour manifeste.  

 

 …qui annonce une chute inexorable

 

Il est désemparé, en proie à ses peurs, et nous le suivons dans cette chute inévitable.

 

Le morceau se coupe brutalement, laissant place à une track à nouveau classique. Rien depuis le début de cet album ne transpire le dancefloor, au grand damn de certains, mais pour mon plus grand plaisir.

 

Je découvre des instrus riches, savoureuses et planantes. L’album suit son cours jusqu’à sa moitié. Pour l’instant, je n’ai rien entendu de vraiment inoubliable, mais rien de mauvais non plus.

 

Heartless, le premier release de cet album n’est finalement pas démonstratif de tout le potentiel de ce dernier. Et c’est là que Faith démarre. Il y résonne quelque chose de singulier. De la gravité, de la violence, de l’urgence. Je frissonne, je suis malmenée, mal à l’aise, mais j’en redemande. Je crois comprendre. Une part de l’artiste est mort. L’instru gagne en synthé et lorgne clairement plus du côté de l’électro. 

 

Le morceau parle de drogue. Elle arrive, il ne peut s’en défaire. « Un an que je suis sobre » « Le temps n’a pas été tendre avec moi ». Il est au bord de la chute, et va nous y emmener irrémédiablement… Gros gros coup de cœur !

 

 

I’m blinding by the lights…

 

Puis les sirènes résonnent, le son devient sourd, laissant place à un côté presque angélique. Nous partons, loin, très loin. La montée sous acide démarre. Un frisson nous parcourt la colonne vertébrale. Blinding Lights résonne.

 

Synthé 80’s à la limite de Protovision de Kavinsky, le morceau est un rouleau compresseur. Une plongée rétro-futuriste effectuée avec maestria et une forme de nonchalance totalement assumée. Nous sommes donc en plein Vegas, les yeux éblouis par la lumière, les sens aux aguets.

 

 

Et c’est exactement là que j’attendais cet album. In your eyes et Save your tears sont des morceaux absolument excellents, bien plus entraînants et novateurs que ce que l’album m’a servi dans sa première moitié.

 

La sobriété évoquée par les sonorités plus urbaines cèdent donc leur place à un délire psyché comme une poussée d’un acide bien violent. L’interlude instigue la redescente, fini le trip, nous revenons sur des bases plus classiques.

 

Quelle claque ! Cette montée fulgurante m’a ébouriffée, et me laisse un goût de reviens-y. After Hours s’inscrit comme l’avant dernier morceau de cet album. Une petite pépite, ni plus ni moins, et certainement un des meilleur morceaux de l’artiste.

 

 

Until i bleed out clôt l’album avec brio. Ce fût un voyage marquant, riche en sensations, et qui a su me surprendre là où je n’attendais pas nécessairement l’artiste.

 

Cet album est donc une vraie réussite, s’émargeant de son côté purement commercial pour nous dévoiler l’intimité d’une personne torturée, vivant dans cette artificialité sociétale faites de drogues, d’alcools, de lumières et d’amour.

 

Un must-have qui va résonner très longtemps dans mon cœur et mon esprit !

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