Predator Hunting Ground : Schwarzy peut dormir tranquille

OK, donc Sony déterre la licence qui ne brille vraiment plus par sa dimension cinématographique depuis le second film, pour en faire un jeu multijoueur asymétrique…

C’est sans une once d’espoir que je me suis lancée dans son périple au travers d’une jungle hostile.

Serais-je la proie ou le prédateur ? J’aurais mieux fait de rester couchée.

Support : PC / PS4 – Éditeur : Sony – Développeur : Illfonic – Genre : FPS multijoueur asymétrique – Date de sortie : 24 avril 2020 – Prix standard : 39,99€  PEGI 18+

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord : https://discord.gg/KFJDTAH

Welcome to the Jungle…

Premier passage par le tutoriel. Ici nous contrôlons le Predator. Vue TPS, déplacements lourds au sol… Le colosse venu d’un autre monde s’avère pataud et assez mal animé. Puis vient le « predkour » (comprenez Parkour du Predator) qui permet d’aller d’arbre en arbre avec une aisance folle. Cette feature de gameplay, parfaitement en adéquation avec le personnage, est une réussite. Je commence à soulever un point positif ? Calme-toi, ce sera le seul…

T’as pas … une gueule de porte-bonheur

 

Le jeu est assez vilain. Je le pressentais quand dans le menu j’ai vu les pack de textures s’afficher en retard. La modélisation du Predator ne sauve pas la mise, puisque les animations ne suivent décidément pas le mouvement. Je ne vous ferait pas l’offense de vous parler des soldats, vrai désastre visuel… finalement si.

Modèles basiques, vu dans milles FPS avant lui, animations d’un autre temps. On sent clairement le jeu sans envie, sans passion, juste bon à tenter vainement de proposer quelque chose. Les maps sont d’une bêtise affligeante, ne laissant finalement que peu de place à l’expérimentation du gameplay.

Pourquoi ne pas avoir fait des éléments facilitant le repérage du Predator ? Une branche qui cède, une nuée d’oiseaux qui s’enfuient ? Ou encore un véhicule qui sonne quand on atterrit dessus ? Parce-que la paresse mon ami.

On se consolera en tendant l’oreille. Les musiques sont fidèles à l’oeuvre qu’il transpose, ainsi que les bruitages du Predator. La spatialisation est également de bonne facture. Il faut bien trouver du réconfort où on le peut. Sachant que c’est évidemment une des rare chose finalement que les devs n’ont pas eu à faire eux-mêmes… Oui je sais je ne suis pas tendre, et ils ont certainement bossés durs sur le jeu. Mais ça ne sent pas non plus le crunch à outrance.

S’il peut saigner, on peut le tuer !

La petite sucrerie du jeu, c’est de contrôler le Predator. Puissant, vif en Predkour et doté d’équipement assez dévastateur, le Predator est évolutif. Le gain de level nous donne accès à des armes, des skins différentes permettant de personnaliser notre bourreau de la jungle.

Pour booster le perso, il suffit d’engranger de l’XP de parties en parties. Le levelling est simple, classique, basique. Voir même trop basique. Il n’y a malheureusement rien de bien neuf, de transcendant. Le soft se contente de faire ce qui se fait ailleurs, sans panache. Les marines débloqueront quand à eux de nouvelles armes et un système de « valises » nous donnera ça et là des skins pour nos persos et nos armes. Seule feature de gameplay sympa, le fait de pouvoir enduire un autre marines de boue, afin de tromper la vision thermique du Predator… oui je sais ça ne pèse pas lourd dans la balance.

C’est un beau roman, c’est une belle histoire…

…Hé bien non, pas d’histoire. Pas de solo. Tu as soit partie publique, soit partie privée. Pas une once de mini mode story, qui aurait pu être l’équivalent d’un mode horde de Gears hein, je n’aurais pas dit non.

Mais les développeurs ont dit non. Si tu espérais vivre un petit quelque chose dans ton coin le temps d’apprendre le gameplay, tu devras inlassablement refaire ce tutorial court et insipide. Si tu veux explorer le gameplay, rendez-vous dans la fosse aux lions. Sauf que la fosse aux lions marche un peu quand elle veut.

Trouver une partie est un parcours du combattant. On nous annonce des réseaux saturés, avec juste une file d’attente… Moui alors messieurs quand on fait un jeu exclusivement multijoueur on fait en sorte d’avoir la quantité de serveurs suffisants pour héberger tout le monde.

Sachant évidemment que le jeu ne doit pas se vendre non plus en grosses quantités, c’est un peu la douche froide.

« J’y enverrais pas un chien vérolé »

 

Quand le miracle se produit, je me lance dans la bagarre. Jouer le Marine distille une sensation de faiblesse juste. La menace peut venir de partout, le Predator se rendant invisible, pouvant nous repérer avec sa vision thermique etc… Le feeling de tir n’est pas exceptionnel, et finalement, il faudra faire corps avec son équipe pour descendre notre ennemi.

Le nombre ne faisant pas tout, il faudra réagir intelligemment face à la situation. Privilégiant les coins couverts par exemples, mais faisant de nous une grappe de chair vulnérable au corps-à-corps. La sensation d’insécurité y est permanente. Au début seulement. Nous constatons de manière affligeante que les marines sont plutôt puissants face au Preator… effaçant totalement ce sentiment d’insécurité au fil des parties. Mais là où un jeu comme Friday 13th savait amener une once de pression et de fun, Predator ennui.

 

Finalement, achève moi c’est mieux

 

La durée de vie dépendra exclusivement de votre tolérance et de votre patience, le tout pouvant se révéler long pour tout débloquer. Faire de notre Predator une machine à tuer redoutable demandera bien des efforts. Comment lutter contre un Predator surboosté quand on commence avec un Marines boueux et pas franchement armé ?

Mystère… que les jeux asymétriques tentent de résoudre les uns après les autres. Quand bien même, les options de personnalisations sont assez nombreuses mais demandent un investissement sur la durée assez conséquent. Peut-être trop. Il est clair que le jeu ne fera pas date et grand bien nous en face.

Si jouer à un jeu Predator vous titille, je ne saurais que trop vous recommander la pas fou mais néanmoins potable Alien VS Predator de la past-gen, qui découpait sa campagne entre le Marine, l’Alien et le Predator. C’est un piètre lot de consolation certes, mais se sera toujours mieux que ce Predator.

Et si vous voulez vous replonger dans la SF de cette époque et frissonner comme il se doit, je vous en conjure, si ce n’est pas déjà fait, faites Alien Isolation. Il saura vous donner entière satisfaction !

NOTRE SYSTEME DE NOTATION : La note numéraire représente les mécaniques de jeu, bande sonore, écriture, jouabilité, technique, etc… et le rang résume l’avis subjectif du critique à ses critères personnels.

4/10

4/10

Points positifs :

– Le predkour

– La spatialisation sonore

– Les options de personnalisation

Points négatifs: 

– Au pays de la laideur, Predator est roi

– Un gameplay déjà vu

– Pauvre en modes de jeux

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