Guns Akimbo – Harry Potter est un loser

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Sans crier gare, Guns Akimbo se montrait pour la première fois avec une série de photos promettant un film bien barré et plutôt noir. Il n’en fallait pas plus pour titiller l’amatrice de films de ce genre que je suis. Et c’est par le plus grand des hasard que je suis tombée dessus par le biais de la plate-forme Amazon Prime…

Promesse tenue ? Assurément !

Jauge de hype de l'auteur 75%

Disponible sur Amazon Prime Videos

 

The Day is my ennemy

 

L’intro donne le ton avec une course poursuite menée tambour battant et dynamisée par une bande-son aux petits oignons. Les plans sont nerveux, habiles et ne nous laissent pas vraiment le temps de comprendre le pourquoi de tout ce foutoir. Il plante le décor en trois minutes chrono.

 

Nix, personnage féminin ô combien bad-ass, dézingue de la petite frappe au volant d’un beau muscle-car. Elle le fait avec un style et une nonchalance non sans rappeler un certain John Wick. Nous comprenons que ce duel sert un média en ligne, sorte de mix entre une télé-réalité un peu typée snuff-movie et un jeu-vidéo. Ce « jeu » s’appel Skizim et les viewers en sont accros. Accros à cette violence, à cet enchaînement de balles qui pleuvent.

 

C’est d’ailleurs ce que souligne habilement Miles, notre héros un brin lâche du film, campé par un Daniel Raddcliffe décidément toujours aussi désireux de bousculer sa zone de confort pour tourner dans des films bien WTF. Il brise le quatrième mur en s’adressant directement à notre rapport à la violence, égratignant en même temps la bulle internet.

 

 

Ce développeur pour un jeu smartphone est un troll actif des réseaux. Quelqu’un qui ne supporte pas la violence, signalant à tour de bras des contenus inappropriés émanant de cette sphère internet.

Clairement, le mec a une vie insipide et solitaire.

Un soir de trollage intensif, Miles s’en prend à la mauvaise personne.

Sa dextérité au clavier lui vaut de se retrouver avec deux flingues vissés à ses mains. Le voici l’adversaire de Nix dans Skizim.

Et il n’en fallait pas plus pour justifier à lui seul l’intérêt du film : de l’action, de l’action et de l’humour noir.

Kick some ass

Culotté comme un Matthew Vaughn de l’époque du premier Kick-Ass, Guns Akimbo est coloré, punchy et archi caricatural. La galerie de personnages est évidemment étirée à outrance, lorgnant sans hésiter du côté du comic-book. Cela rend le tout évidemment irréaliste mais accrocheur. Miles devient une proie de choix, et son absence de courage rend chaque situation assez cocasses. Les dialogues sont simples, noirs et franchement drôles. De l’humour noir, acide et bien gras, parfois maladroit certes, mais qui fait mouche le plus souvent.

 

Les gun-fights sont vraiment très bons, bien chorégraphiés et avec une caméra qui se place intelligemment, donnant parfois des plans vraiment cool. Rien d’inédit, mais on trouve suffisamment de matière pour dire « Ouais c’est bad-ass !» 

 

Il rappellera assez souvent le gentillet My Friend Pedro. Le parallèle est saisissant notamment dans son ambiance. Ce qui rend Guns Akimbo adaptable en jeu-vidéo en un tour de main. Personnages, ambiance, action, tout est réuni pour que l’on traverse le film comme un bon jeu-vidéo.

 

 

Life is a bullet

 

Parce que oui, on sent Guns Akimbo comme un gros jeu-vidéo live. Il est à la fois construit comme un jeu-vidéo, mais en reprend aussi les codes. C’est évident me direz-vous, puisque Skizim est un hybride entre émission TV perverse et jeu-vidéo en ligne. Mais beaucoup s’y sont essayé et rares ont réussi à nous subjuguer. Je pense au catastrophique et terriblement beauf « Ultimate Game », ou encore l’hyper référencé « Ready Player One », ce dernier résonnant plus comme une gigantesque madeleine de Proust que comme un film à la construction sans failles. Guns Akimbo m’a souvent fait me dire… je veux y jouer. En imaginant le jeu comme un My friend Pedro plus dynamique et plus chorégraphié. Et quand le générique tombe, c’est une évidence.

 

Guns Akimbo est le mixe parfait entre cinéma et jeux-vidéos. Piochant habilement les codes de l’un et de l’autre pour nous livrer un trip bien acide assez délectable. Pas inoubliable je le concède, mais le genre de métrage léger qu’on pourra visionner pendant un petit moment de creux, en prenant un pied assez conséquent et en cherchant les références cachées au média vidéoludique. Et je ne m’étendrais pas sur la bande-son, qui est une petite pépite absolument délicieuse.

 

AVIS :

Guns Akimbo c’est comme mettre le volume à fond en écoutant de la Dub-step. C’est très plaisant mais il ne faut pas que cela soit trop long. Il est suffisamment court et bien construit pour être ce moment puissant qui nous décolle la rétine et nous hérisse le poil. Une petite pilule d’acide efficace à consommer sans modération.

 

N’hésitez pas à poser vos questions ici où sur Discord, je me ferais un plaisir d’y répondre !

Jauge de hype de l'auteur 75%

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