SEGA AGES – G-LOC AIR BATTLE (Switch)

Scroll down to content

Il n’est pas exagéré de dire que les derniers jeux de la série « Sega Ages » ont été un peu décevants. Non pas qu’ils aient été particulièrement mauvais, nous avons toujours affaire à des classiques issus des archives d’une société légendaire. Ceci dit des jeux comme Sonic the Hedgehog 2 ou Puyo Puyo 2, nous offrent des expériences rétro vus et revus sur de multiples systèmes rétro (ET modernes de toutes sortes).

Support : Switch – Éditeur : Sega – Développeur : AM2 – Genre : Shoot’em up – Sortie : 30 avril 2020 – Prix standard : 7€ – PEGI 7+

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord.

Cette série/collection est certainement à son top lorsqu’elle se concentre sur des titres SEGA qui n’ont pas connu de sorties sur beaucoup de consoles de salon dans le passé. Voire pas du tout : c’est particulièrement vrai lorsque nous avons affaire à des portages arcade comme Virtua Racing, Fantasy Zone et Puzzle & Action : Ichidant-R. Heureusement, G-LOC Air Battle entre dans cette catégorie ; en fait, c’est la première fois que la version originale Arcade est disponible sur une console de salon !

Bien que le titre ait été porté sur Mega Drive, Master System, Game Gear et les IBM PC au début des années 90, la version originale de G-LOC les surpasse toutes en raison de son aspect technique incroyable (impossible à reproduire sur les consoles 8 ou 16 bits). Il utilisait la Sega’s Y Board, une carte Arcade également utilisée pour des jeux comme Power Drift ou Galaxy Force. Cela permettait de réaliser de véritables tours de magie, comme la rotation des sprites et leur redimensionnement à des cadences très élevées (60 images par seconde ou plus). Le résultat est un jeu qui, malgré son âge, procure des sensations fortes et une immersion digne d’un film Top Gun !

À première vue, G-LOC ressemble à une version plus avancée de l’autre classique mettant en scène des chasseurs à réaction, After Burner. Bien qu’il soit principalement joué à la première personne plutôt qu’à la troisième personne, on pourrait penser qu’il aurait tout aussi bien pu porter le nom d’After Burner. En réalité il y a des différences notables entre les deux, qui font sans doute de G-LOC le jeu le plus riche des deux.

Dans After Burner, le but principal était la survie ; vous deviez traverser ses 18 étapes sans perdre la vie, et bien que le fait d’abattre des ennemis rende cela plus facile, ce n’était pas essentiel. Au risque d’être un avis controversé, After Burner est un jeu où la lâcheté est une stratégie légitime. En effet vous pouvez vous frayer un chemin à travers chaque étape, en évitant simplement les ennemis et les missiles.

G-LOC est différent car il s’agit d’attaque et non de défense. Chacune de ses étapes (de nombre variable en fonction de la difficulté) vous demande de détruire un certain nombre d’ennemis dans un délai donné. Plus vous les tuez rapidement, plus votre temps est prolongé pour l’étape suivante. En ce sens, il est plus proche d’un jeu de course comme Out Run ou Super Hang-On que d’After Burner. Plutôt que de simplement essayer d’aller jusqu’au bout du niveau, vous devez donc activement traquer vos ennemis et les tuer aussi efficacement et rapidement que possible.

Pour ce faire, vous êtes armé de deux options : une mitrailleuse Vulcan (qui n’est en fait qu’une grosse mitrailleuse traditionnelle) et une réserve infinie de missiles à tête chercheuse. Si la mitrailleuse vulcaine peut détruire certains des avions les plus proches, ce sont les missiles qui constituent la mécanique principale du jeu. Si vous gardez un ennemi en vue assez longtemps, votre curseur devient rouge et se verrouille sur lui. Une voix criera « FIRE FIRE FIRE ! » et si vous lancez un missile à ce moment, vous aurez une belle explosion garantie. Un bon joueur de G-LOC est donc efficace pour aligner les ennemis et tirer des missiles rapidement.

Il y a trois niveaux de difficulté au choix, l’option Débutant limitant le nombre de roulis de votre avion et vous faisant voler à une vitesse constante. Lorsque vous passez au niveau moyen ou expert, vos commandes de roulis sont complètement déverrouillées, ce qui vous permet d’effectuer des virages beaucoup plus serrés et de voler à l’envers à volonté. Vous avez également accès à une poussée et à des post-combusteurs qui vous permettent d’augmenter votre vitesse si vous devez rattraper vos ennemis. Cela rend les choses bien plus passionnantes. Bien entendu, le jeu propose des vrilles à la manière de Star Fox.

Cela dit, la méthode de contrôle la plus avancée entraîne le désagrément le plus notable du jeu. L’étape occasionnelle où vous plongez au fond d’un canyon sinueux, en évitant les bords de la falaise, devient un vrai calvaire à traverser. Les virages serrés de ces niveaux sont à peu près gérables en mode Débutant, mais dans les difficultés les plus élevées, le simple fait de naviguer avec les commandes de roulis extrêmes est un défi en soi. Sans parler du fait de devoir viser et verrouiller sur les ennemis en même temps.

Les niveaux de difficulté n’affectent pas seulement la maniabilité, ils représentent chacun un ensemble d’étapes complètement différentes : 9 pour le niveau débutant, 13 pour le niveau moyen et 16 pour le niveau expert. Cela donne une certaine rejouabilité à un titre qui, franchement, n’a pas grand-chose d’autre à proposer puisqu’il s’agit d’un jeu d’Arcade. Votre principale raison de continuer à jouer est d’essayer de battre votre meilleur score, ce qui dans ce cas implique de franchir chaque étape en un temps record. C’est un peu le premier jeu à speedrun de l’histoire ! 😉

En ce qui concerne les fonctions et options supplémentaires, la série « Sega Ages » offre généralement une sélection sympathique de possibilités, à part quelques titres en deça. G-LOC n’est certainement pas de ceux qui déçoivent : il y a un certain nombre d’ajouts intéressants conçus à la fois pour rendre le jeu plus accessible aux débutants (et pour ajouter de nouveaux défis aux experts). En terme d’aide au jeu, un verrouillage plus rapide est disponible, ainsi que des options permettant de tirer automatiquement avec votre mitrailleuse et de centrer l’écran lorsque vous visez hors trajectoire.

Cependant, la nouveauté la plus appréciée est sans doute le mode « Ages ». Il s’agit d’une toute nouvelle série de 16 étapes avec un seul niveau de difficulté, qui commence assez facilement et finit par devenir extrêmement difficile. C’est le mode auquel nous avons le plus joué et l’ajout des classements en ligne pour ce mode (et le mode arcade standard) nous a permis de jouer plus longtemps que prévu, pris au jeu du scoring !

En terme de présentation, la qualité du studio M2 transparaît comme toujours. Il y a un tas d’options d’affichage différentes, vous donnant le choix de jouer avec un filtre de lissage. Des lignes de balayage (scanlines) pour imiter le look de l’écran cathodique d’antan, ainsi que la possibilité de mettre l’image à l’échelle de plusieurs façons. Il ajoute également quelques points de vue amusants basés sur les bornes Arcades spécifiques du titre. La borne verticale standard ne vous occupera probablement pas longtemps, mais la possibilité de jouer sur la borne mobile de luxe (un cockpit mobile sur verrins hydrauliques, spécialité du studio SEGA AM2 créé et dirigé par Yu Suzuki, le futur papa de Shenmue, roi de l’arcade à ses débuts) est vraiment très amusante. Le bruit ambiant de la salle d’Arcade qui l’accompagne est une belle petite touche nostalgique.

Malheureusement, il n’y a pas d’option (du moins à notre connaissance) pour déverrouiller la folle borne R360. Cette construction insensée obligeait les joueurs à s’attacher et à pivoter à 360 degrés, ce qui entraînait des mouvements violents qui vous mettaient la tête à l’envers et vous faisaient vomir (véridique). Seulement 100 de ces « cabinets » (le terme international pour « bornes ») ont été fabriqués – le Trocadéro de Londres en avait un, Michael Jackson en avait un autre – et comme il est peu probable que beaucoup d’entre nous puissent en essayer un aujourd’hui, une version simulée aurait été formidable. Croisons les doigts… Qui sait…

Ceci mis à part, nous avons plutôt apprécié G-LOC. C’est agréable de voir un autre « Sega Ages » consacré à un jeu qui n’a jamais eu de sortie chez nous, et le fait qu’il soit divertissant signifie que c’est plus qu’une simple curiosité qui n’intéressera que les historiens JV. Par contre, il n’est pas sans problèmes (ces scènes de canyon sont un cauchemar) et, à moins que vous n’aimiez battre votre record personnel, son attrait pourrait être limité sur la durée (ou pour un jeune joueur qui n’aurait que connu les productions « Triple A » récentes en 3D). Mais ces points n’enlèvent rien au fait qu’il s’agit d’un autre titre fort de la série, à petit prix, comme toujours.

 

Conclusion :

Un titre d’arcade bourré d’action et plus axé sur le jeu offensif que celui d’After Burner. La toute première sortie « salon » de G-LOC Air Battle est une jolie surprise. Le titre comporte quelques étapes frustrantes et, comme c’est le cas avec la plupart des jeux d’arcade, il a des problèmes de longévité. Si cela ne vous dérange pas de jouer les mêmes séries d’étapes encore et encore pour vous hisser au sommet du classement en ligne, c’est un bon moyen de passer 10 minutes funs et intenses par session ! Et d’y revenir le lendemain, pour tenter de battre son record ou de grimper dans le leaderboard.

NOTRE SYSTEME DE NOTATION : La note numéraire représente les mécaniques de jeu, bande sonore, écriture, jouabilité, technique, etc… et le rang résume l’avis subjectif du critique à ses critères personnels.

7/10

7/10

Points positifs :

– Action constante
– Émulation parfaite
– Nouveau mode « Ages »

Points négatifs :

– Session de jeu très courte
– Durée de vie globale
– Les CANYONS !!!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :