The Last of us 2 – La vengeance comme moteur

Jackson est un havre de paix. Un lieu de repli où la nature humaine retrouve sa logique. Nous sommes loin de la jungle ambiante et de l’apocalypse causé par le cordyceps, ce champignon transformant l’homme en un être fou et assoiffé de chair et de sang. Joël nettoie sa guitare et s’entretient avec Tommy. Ils quittent une maison pour une brève escapade à cheval afin de regagner Jackson. Regagner la paix et le calme. Regagner leur foyer. Ellie est là, elle l’attend. Le binôme est réuni, et mon cœur s’empli de joie. Nous y sommes. 7 ans après la sortie du premier opus et sa fin riche de sens, C’est une Ellie plus grande que nous retrouvons, plus mature. Et quelles retrouvailles !

Support : PS4 – Éditeur : Sony – Développeur : Naughty Dog – Genre : Action / Aventure – Sortie : 19 Juin 2020 – Prix standard : 69,99€ – PEGI +18

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord.


Une magnificience lugubre


Le monde n’est qu’abandon. Les grandes villes ne sont devenues que des ruines, et la nature a repris ses droits. La végétation y est luxuriante, et il n’est pas rare de trouver un abri-bus en ruine en traversant une forêt, qui se révèle sublime. Car oui, Naughty Dog fait des merveilles comme à son habitude. Le jeu est techniquement bluffant, soutenu par une direction artistique digne des mastodontes du cinéma. Nous retrouvons cet univers crasseux rappelant le film « la route » (qui a dû être une vraie source d’inspiration). Si vous avez un écran 4K gérant bien le HDR, préparez-vous à prendre une claque. Mais pas une petite claque… non. Une gifle monumentale. De celle qui te fais prendre conscience que la génération actuelle, malgré le poids de ses presque 7 ans, tire sa révérence sur une démonstration, augurant du meilleur pour les machines à venir.


La frontière entre cinéma et jeux-vidéo devient ténue. Les visages sont expressifs, les animations fourmillent de détails, et le rendu général pousse le réalisme à milles lieux de ce que nous avons pu voir auparavant. Les superlatifs ne manquent pas. Le jeu se met en scène de manière habile, et se révèle plus bavard que son aîné. Bavard, certes, mais intelligent et impliquant. La galerie de personnages est variée, riche et intéressante. Du guitariste sur son rocking-chair aux enfants jouant dans la neige, le sentiment de vie qui règne dans Jackson est palpable. Nous sommes loin de la noirceur et la tristesse du premier. Mais c’était avant de quitter Jackson. Ce départ marque la fin de la séquence d’intro, moins percutante que celle du premier opus, mais logique finalement, puisque nous ne découvrons par l’apocalypse. Comme les protagonistes, elle orne notre quotidien.


Je ne verserais pas le premier sang…


Sache juste qu’Ellie ne sera pas le seul personnage jouable de l’aventure. Sera-t-elle en quête de vérité ? De vengeance ? Où suivra-t-elle un tout autre chemin ? Je ne peux rien te dire. Mais sache que son périple te questionnera sur ton propre rapport à l’humain. Sur les trois actes que comporte le jeu, aucun ne supplantera un autre. Ils ont tous un équilibre, un thème et une dynamique qui leur est propre. De l’exploration de Seattle au sous-sol poisseux et terrifiant d’un hôpital, l’exploration ne faiblit jamais. Les situations se renouvellent régulièrement, nous offrant des panoramas sublimes.


Il règne une splendeur dans la désolation du monde. La nature reprend ses droits, et nous découvrons l’infime place de l’humain sur cette terre. Nous en sommes les hôtes éphémères. Le jeu est long, entre 20 et 30 heures et je te conseille vivement de le faire en difficile au minimum. Pourquoi ? Tu ressentiras l’angoisse de la gestion des munitions, la pression des assaillants à l’IA en nette progression, la joie de trouver de quoi fabriquer un piège dévastateur ou encore l’utilité d’une simple bouteille en verre, capable parfois de rendre un affrontement de prime abord gargantuesque en une simple phase de cache-cache. Il n’est pas utile de battre un à un chaque ennemi présent. Nous pouvons parfois tout simplement passer outre et nous faufiler jusqu’à la sortie. Mais à quoi bon ?


…mais je ferais feu de tout bois


Le gameplay permet bien évidemment de se défendre avec aisance. Une nouvelle dimension fait son apparition. Ellie peut désormais se déplacer couchée. Cette feature qui peut sembler parfaitement anecdotique apporte en réalité beaucoup d’épaisseur aux phases d’infiltrations. Les hautes herbes, le dessous d’un camion, même l’eau peuvent être exploités afin de surprendre où esquiver nos assaillants. Les infectés sont du menu fretin, mais les ennemis classiques sont redoutables. Alertes, organisés et mêmes parfois ingénieux, leurs réactions quasiment imprévisibles n’auront de cesse de te faire réfléchir à comment faire au mieux pour sortir gagnant des affrontements.


Et si par mégarde, tu es repérée, tu feras face à un système de combat simple mais vif et viscéral. La violence des coups portés est palpable. Les visages se tordent de douleurs, les coups sont lourds et les mises à mort sans concession. Si tu tends l’oreille, tu constateras que chaque ennemi à un prénom, renforçant la sensation d’être face à quelqu’un, pas juste une cible. Même si le jeu est bavard, il oscille avec brio entre phases d’exploration, de narration et d’action. Un équilibre bien plus maîtrisé que dans Uncharted 4, qui peinait à donner une aventure haletante. Là, pas vraiment le temps ni l’envie de lâcher la manette. Le gameplay et le visuel servent donc un scénario bien plus intéressant que celui du premier.


Take on me…


Mes oreilles ne sont pas en reste. L’environnement sonore est sans fausse note, et la partie musicale, bien que plus feutrée, se révèle parfois dans des instants intimes. Quand tu passeras par le petit magasin de musique de Seattle, tu y trouveras un moment doux, poétique et auditivement sublime. Une partition que je ne de cesse de réécouter, me suivant désormais dans mon quotidien comme d’autres OST de jeux-vidéo. Cet instant d’intimité, simple mais riche de sens, est à l’image de l’expérience globale qu’offre le soft. À mesure que les corps s’amoncellent sur notre chemin, que les infectés laissent claquer leur mâchoire dans des couloirs à l’écho oppressant, il y a des phases tendres et d’autres difficiles.


Le scénario prend donc en épaisseur et en intensité à mesure que l’aventure progresse. En parallèle à cela, le système de craft lui ne nous dépaysera pas. L’arsenal est très similaire au premier, et la confection reste au cœur de nos préoccupations. Le jeu semble par contre plus simple, malgré des ennemis plus nombreux. Serait-ce dû à l’ouverture des niveaux ? Je pense surtout que le jeu se veut plus simple d’accès. Le level-design favorise une multitude d’approches, et refaire les affrontements sera un vrai petit plaisir. J’ai ressenti par instant un feeling proche de MGS5… rien que ça. Celui qui pour moi reste un exemple en matière de gameplay, a visiblement bien inspiré TLOU2.


Take me on


À la tombée du générique final, le constat est clair. TLOU2 est une perle. Une œuvre précieuse, qui condense toutes les avancées de cette génération de machine, en montrant un média mature, intelligent et qui n’a rien à envier au cinéma. TLOU2 est de ceux qui font grandir le monde du jeu-vidéo. En résulte une aventure bien supérieure à ce que le premier TLOU nous a livré. Tout y est magnifié. Dommage qu’il soit entâché par un flot de mauvaises critiques sur Metacritic, souvent faites par des personnes n’ayant peu ou pas joué au jeu. La vague de leaks a créé une polémique, vite soufflée une fois manette en main. Car oui, le jeu aborde des thématiques sensibles, sans jamais être dans une revendication lourdingue. Si tu as pu, comme moi, t’épargner tout ce torrent de haine, tu trouveras en TLOU2 un titre immanquable. À l’inverse, si tu as eu vent de tout ça, fais en fi. Lances-toi dans ce périple humain, je te l’assure, tu ne le regretteras pas un seul instant.

NOTRE SYSTEME DE NOTATION : La note numéraire représente les mécaniques de jeu, bande sonore, écriture, jouabilité, technique, etc… et le rang résume l’avis subjectif du critique à ses critères personnels.

9/10

9/10

Points positifs :

– Visuellement somptueux
– L’écriture
– Durée de vie, gameplay, ambiance sonore, level design… il n’y a rien à jeter

Points négatifs:

– En chipotant, deux trois soucis de placements pendant les combats à mains nues (mais vraiment pour pas laisser une case vide…)

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