Carrion – Les tentacules empêchent de crier

Devolver Digital est devenu le maître incontesté des jeux originaux, Genital Jousting en tête. Cette fois l’éditeur a dégoté un jeu tout autant flippant que marrant. Vous pouvez imaginer l’intrigue de votre choix, la bestiole peut aussi bien venir des enfers que de l’espace (ou d’une autre dimension, façon Stranger Things). Toujours est-il que ce n’est pas l’histoire qui va nous motiver ici (bien que…), mais surtout le gameplay. Incarner cette monstruosité est fun, dérangeant, intriguant…

Support : PC / Xbox One / Switch (testé sur PC) – Éditeur : Devolver Digital – Développeur : Phobia Game Studio – Genre : Metroidvania/horror – Sortie : 23 juillet 2020 – Prix standard : 20€ – PEGI +18

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord.


Pas d’intro qui plante un minimum le décor, ça démarre direct dans le bain de sang. Il faut croire que les scientifiques n’ont pas pris en compte qu’un bocal en verre, ça ne sera pas suffisant pour retenir la créature… La voilà à l’air libre, prête à se venger du sort qu’elle a subi. Les questions fusent dans la tête du joueur, d’où vient cette entité démoniaque, quel est son objectif ? Autant de question qui trouveront réponses au fil de la progression.

Il faut avant tout se rassasier, mais pas seulement pour recouvrer sa barre de vie. La masse pondérale de la bestiole joue un rôle central dans les mécaniques. Plus elle est volumineuse en bouffant les humains, plus elle augmente sa puissance et surtout ses capacités. Au fur et à mesure de l’aventure, de nouvelles aptitudes sont récupérées. Il ne suffit cependant pas de les utiliser comme n’importe quel jeu du même genre. Ici il faut réduire ou reprendre de la biomasse, en se plongeant dans des bassins de liquide zarbi.


Sur une base de Metroidvania, le gameplay fonctionne à merveille. La fluidité des contrôles permet des accélérations fulgurantes dans les déplacements. Ce qui se prête parfaitement aux speedruns. On peut filer d’un écran de jeu à l’autre en un quart de seconde, même Sonic aura du mal à tenir la cadence. Les pauvres humains n’ont pas le temps de dire ouf, qu’ils sont déjà arrachés du sol pour être dévorés. Ce qui occasionne des attaques fulgurantes et jouissives pour le joueur.

Contrairement à la majorité des jeux de ce genre, on ne peut pas s’appuyer sur une carte pour s’orienter. Normal me direz-vous quand on incarne un ‘animal’… c’est donc à vous de savoir vous repérer. Ce qui ne sera pas une mince affaire, la map étant vaste et les embranchements nombreux. C’est une volonté affichée du développeur, mais cela risque de faire fuir ceux qui n’aiment pas se perdre dans un environnement virtuel.


Histoire d’aider un peu, une capacité permet de localiser certains objectifs brièvement. Cela se traduit par un écho qui montre dans quelle direction aller, mais le chemin à prendre reste votre taf. Les aficionados du 100% vont pouvoir étendre un peu la durée de vie du jeu (assez courte), grâce à neuf secrets plus ou moins bien planqués. On y trouve des bonus qui augmentent encore un peu plus la puissance de la bestiole. Ce sont surtout les puzzles qui sont intéressants dans ces phases là.

Il n’y a pas que la violence et l’hémoglobine dans le jeu, mais aussi du puzzle game. Le monstre est aussi dangereux qu’intelligent. Tel une pieuvre au multiples cerveaux, elle doit résoudre quelques énigmes bien pensées. Rien de cornélien, mais suffisamment pour apprécier le concept. C’est surtout pour atteindre les secrets, que le joueur doit s’activer les neurones. À l’arrivée il y a un bon équilibre dans le gameplay, qui permet à chacun de s’amuser sans entrer dans les excès.

Conclusion :

Carrion est vraiment un excellent jeu, qui a de quoi séduire nombre de gamers. Son originalité et son gameplay crée une recette qui fonctionne à merveille. Du metroidvania avec un niveau d’exigence dans l’exploration, ainsi qu’un système de combat bien foutu. On peut y aller furtivement (tout comme j’aime), ou en mode bourrin avec des actions éclaires. Seule ombre au tableau, les contrôles deviennent plus hasardeux quand la créature atteint sa masse maximale. Dans des espaces confinés, il arrive régulièrement de partir là où on ne veut pas. Cela occasionne malheureusement de la frustration, car certains passages sont mortels. Au-delà de ça il n’y a rien de préjudiciable, c’est un achat recommandé (ou à jouer pour les possesseurs du Game Pass).

NOTRE SYSTEME DE NOTATION : La note numéraire représente les mécaniques de jeu, bande sonore, écriture, jouabilité, technique, etc… et le rang résume l’avis subjectif du critique à ses critères personnels.

8/10

8/10

Points positifs :

– Original
– Bande son
– Puzzles
– Le cri des femmes mais…

Points négatifs :

– Un peu dérangeant
– Maniabilité en masse max

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