Mafia Definitive Edition – Un goût de pizza à l’ananas

J’ai tué trois italiens juste avec le titre de l’article, mea culpa.

AAAhhhh Hangar13, je ne vous aime pas beaucoup. Votre Mafia 3 a transformé la licence. Elle est devenue presque dispensable et ceux, avec un seul épisode. Épisode pas dénué d’intérêt, mais gangréné par une somme colossale de défauts techniques, rendant l’expérience indigeste. Après le travail de titan et un certain plaisir à parcourir le second opus, le troisième fut une déception. Amer déception. Quand j’ai lu que vous étiez en charge du remake du premier opus, que je ne connaissais pas, j’ai eu peur. Et tu sais quoi ? J’avais presque raison d’avoir peur.

Support : PC / PS4 / Xbox One (testé sur PS4) – Éditeur : 2K – Développeur : Hangar13  – Genre : Action-Aventure – Sortie : 25 Septembre 2020 – Prix standard: 29,99€ – PEGI +18

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord.


Braquage à l’italienne

Mafia c’est, en 2002, un « monde ouvert » fort bien narré et nous immergeant dans les années 30. Perçu de prime abord comme un ersatz de GTA, Mafia se démarquait par sa narration, sa mise en scène et sa notion de monde ouvert finalement facultative. Nous pouvons explorer la map, mais ce n’est en aucun cas une obligation. Le 2 a enfoncé le clou, amenant la licence à un niveau de mise en scène qui forçait le respect. Un jeu bon, très bon et qui fut une vraie surprise pour moi.

 

Puis vint le 3… je vais pas te faire de dessin, mon intro résume tout. Remaker le premier Mafia est à mon avis une manière de faire revenir la licence sur le devant de la scène, profitant allègrement d’une fin de génération chiche en sorties (tous rivés sur la next-gen) pour briller à nouveau et rappeler à qui veut l’entendre que la licence à une carte à jouer. Il ne brillera jamais par la taille de sa map, quoique vraiment très belle. Non, Mafia c’est une expérience plutôt immersive, une ville dense et vivante. Une sorte de reproduction fidèle d’une Amérique post récession. Une Amérique en pleine prohibition, où l’émergence mafieuse fait régner la terreur sur la ville. Dans ce remake nous incarnons Tommy, un chauffeur de taxi qui va intégrer la mafia. Ce même Tommy que nous croiserons brièvement dans le second opus…

 

Le jeu est beau, c’est indéniable. Il est aussi beau qu’il est parfaitement inégal. Les effets de lumières sont splendides, et sont dans le haut du panier. Il suffit de regarder les reflets sur la carrosserie des véhicules pour s’en convaincre, il y a du boulot. Mais, les effets de lumières, sublimés par le HDR, s’avèrent parfois trop appuyés. Dans les bâtiments, certains effets donnent un côté ciré aux objets. Mais c’est rare. Dans l’ensemble le moteur fait des merveilles, là où ce même moteur, clairement pas optimisé dans le 3 peinait à convaincre. Je ne pourrais pas en dire autant des animations.


Il était une fois en Amérique.

Quel dommage. Le visuel est donc à saluer, mais se retrouve entaché par des animations d’un autre âge. Le personnage est raide, les animations mal taillées et nous rappelant fortement Mafia 3. Le système de corps-à-corps manque de punch et s’avère raté. Les phases de shoot sont également datées, ne proposant que du cover shooter basique au possible. Dans la partie gameplay, seule la conduite des véhicules s’en sort avec les honneurs, encore plus en mode « classique ».

Ce mode classique vient apporter un peu de sel à l’aventure. Les flics sont bien plus réactifs, ne laissant aucune infraction passer. Si je recharge mon arme alors que le chargeur n’est pas vide, je perds mes munitions, ma vie fond comme neige au soleil et la difficulté générale est grandement réhaussée. Mais en dépit de ce « challenge » parfois bien crispant, je trouve que c’est la meilleure manière de profiter du jeu. En effet, cette sensation de réalisme vient accentuer l’immersion.

Mais attention ! Il faudra parfois composer avec une technique générale encore déficiente.

Car oui, tout n’est pas rose. Le jeu n’est pas encore optimisé à la perfection. Nombre de défauts de Mafia 3 ressortent dans ce Mafia Remake. On sent clairement que le 3 fut la base du premier. IA aux fraises, ennemis qui popent et dépopent par magie, clipping douteux, hitbox parfois terriblement injustes, voici un petit florilège de ce qui cloche dans ce Remake. C’est moins pire que sur le troisième opus, mais c’est encore suffisamment bancal pour parfois rager. Le système de visée est raide et manque de feeling par exemple. Je reviens 10 ans en arrière en plein âge d’or de la PS360, quand le cover shooter régnait en maître sur le TPS. Sauf qu’en dix ans, nous avons grandement assoupli le système. Apparemment pas chez Hangar 13. Avec un gameplay remanié, le jeu aurait pu tutoyer les grands, mais il se prend les pieds dans le tapis.


Sortez les violons…

Les missions sont variés, mais reposent donc sur un gameplay éprouvé et parfois éprouvant donc. Gagner une course de voitures d’époques, assassiner un homme au snipe, enquêter ou encore s’infiltrer, le jeu te permet de ne jamais te lasser. Et c’est ce qui met encore plus en évidence ses carences de gameplay. Je reviens d’ailleurs sur les animations, très datées. Déjà raides à l’époque dans le second opus, elles n’ont pas vraiment évoluées. Des animations en retard d’une dizaine d’années donc, qui s’estompent lors des cinématiques, maîtrisées et implicantes. L’écriture de Mafia reste une force indéniable. Même le trois, à la construction archi mauvaise dans sa progression, disposait d’un scénario plutôt cool et de missions intéressantes dans sa trame principale. Ici, pas de quartiers à libérer ou autre, le jeu nous laisse arpenter l’histoire de manière assez dirigiste. Nous pourrons par le biais du menu principal explorer à notre guise la map du jeu, ce afin de dénicher quelques collectibles. Il y a de quoi faire, mais Mafia n’est donc clairement pas un GTA-like au sens littéral du terme.

Conclusion : 

Des bugs, il en reste donc à la pelle. Mais bizarrement, le jeu attire une sympathie inexplicable . Durant mon périple dans Lost Heaven, j’ai pris un plaisir assez conséquent. Sur la dizaine d’heures que compte l’aventure (un peu plus si vous jouez en mode classique), le jeu m’aura tenu en haleine. Son scénario, impeccable, sa mise en scène et ses dialogues viennent embarquer le joueur et faire oublier un temps les impairs techniques. Pas encore assez pour rafler tous les suffrages, mais assez pour rendre le tout recommandable. Son ambiance, sa bande-son aux petits oignons, sa VF cinq étoiles et son aventure sans temps morts font de MAFIA Remake un jeu vraiment sympa. Sans parler de son prix de lancement, à 30 euros. Un prix presque cadeau, tant le soft est généreux dans son immersion. Il a le mérite de remettre la licence sur le devant de la scène, renforçant ma hype d’un éventuel 4ème opus. Rappelons d’ailleurs que le 3 se passant dans les années 60, j’aimerais vraiment voir un épisode 70’s, voir 80’s. Hangar13 doit encore peaufiner sa formule, mais ils sont sur la bonne voie. Donner un bon coup de jeune au gameplay s’avèrera indispensable pour faire perdurer la licence. Si cet élément est retravaillé en profondeur, nous retrouverons Mafia au sommet. Et il me tarde que se soit le cas, tant son ambiance et son histoire sont aujourd’hui un gage de qualité indéniable. Un jeu pas immanquable mais dont il serait dommage de se priver.

Points positifs :

– Un soft qui flatte la rétine
– Un scénario toujours aussi maîtrisé
– Une ambiance globale très immersive

Points négatifs :

– Des bugs gênants
– Des animations d’un autre âge
– Et un gameplay à pied qui l’est encore plus

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