Cloudpunk – Retour en grâce du Cyberpunk

Cloudpunk, développé par huit petits allemands, est la révélation de cette année 2020. Il est passé sous les radars pour popper sans crier gare. Sorte de mix habile entre le design du cinquième élément et la noirceur d’un Blade Runner. Petit jeu indé qui fait beaucoup de bruit… délivre nous tes secrets.

Support : PC / PS4 / Xbox One / Switch (testé sur PS4) – Éditeur : Merge Games – Développeur : ION LANDS – Genre : Aventure – Sortie consoles : 15 octobre 2020 – Prix standard: 29,99€ – PEGI +16

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord.


Mrs Cab Driver

Rania, notre héroïne, devra livrer des paquets au travers d’une ville nommée Nivalis et découpée en quartiers. Cette ville, sombre et dystopique, dispose d’un visuel simple mais pas simplet. Un côté pixel art plutôt bien fichu, appuyé par des effets de lumières assez propres. Le jeu est plutôt joli. Pas beau, mais le moteur Unity vient pour la première fois de me contenter visuellement, ce qui n’était pas gagné. Mais, le sel du jeu est ailleurs. Son écriture est remarquable. Chaque livraison viendra épaissir un univers déjà très marqué. La première est d’ailleurs d’une justesse sans faille. Touchante et riche de sens. Elle exprime la difficulté de ce monde en l’espace de trois phrases. Ça peut paraître anodin, mais faire exister un monde simplement au travers d’un dialogue est une petite prouesse. Ici pas d’intro spectaculaire, non. Juste une première livraison et voilà, le décor est planté.


Tears in the rain

L’environnement sonore est à saluer. Cette sensation de vie dans cette ville cradingue est notamment dûe à une ambiance sonore de qualité. Les compositions musicales se rapprochent d’un Vangelis. Du synthé lourd, des mélodies bossées et dans le ton, c’est un sans faute. Doté d’un gameplay simple, d’un visuel léger de prime abord et d’une accroche suffisante, je commence gentiment à me dire que le battage autour du jeu est mérité… Je n’étais pas au bout de mes surprises.

Lors de sa sortie sur PC, le jeu souffrait d’un écueil qui revenait souvent : les phases à pieds illisibles. Le développeur à donc eu la brillante idée de proposer une caméra bien plus proche, voire même une vue FPS. Cela enlève un peu de charme au soft, car on se retrouve face aux textures peu reluisantes. Les PNJ n’ont pas du tout la ressemblance de leur vignette des dialogues, il faut dégainer son imagination. Je lui préfère donc la vue TPS un peu plus reculée, conservant ainsi le charme de l’environnement. Moins de lisibilité, plus de charme. À toi de choisir…


Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Il y a une sensation de vie palpable. Le monde est vivant, malgré un nombre de personnages limités au sol. D’ailleurs, il est assez agréable de voir des personnages très très bien écrits. Le studio a eu l’intelligence de donner une profondeur colossale à son univers grâce à son écriture. Les PNJ sont hauts en couleurs, variés et possèdent une vraie personnalité. Remplir nos quêtes nous demande d’arpenter la ville donc, en utilisant soit des « autoroutes » nous permettant de voler plus vite, soit de virevolter librement entre les bâtiments. Le gameplay est classique, sans fioritures. Rien de bien transcendant, mais étrangement, le jeu me prend et ne me lâche pas. J’ai envie de voir son scénario s’étoffer, j’ai envie d’entendre Rania interagir avec l’IA de son véhicule. J’ai envie de comprendre la raison de ma livraison, de savoir ce que contient mon colis. Le jeu c’est ça. C’est une écriture sans faille qui nous happe de bout en bout. Pourquoi ? Ben bonne question tiens…


C’est Green ? Super Green…

Assez indescriptible. Voilà ce qui reste quand le jeu arrive à son terme. Pourquoi je l’ai aimé ?

Il est clair que son ton plutôt noir et sa dystopie ambiante m’a vraiment embarquée. Mais pourquoi avoir autant eu d’affection pour le soft ? Je ne sais vraiment pas. Je pense qu’il a eu l’audace d’être un jeu enivrant tout en étant potentiellement dépouillé. Car oui, je pensais que Unity était un moteur assez basique. En sommes, il me paraissait quasiment impossible de laisser une marque indélébile avec un jeu tournant sous Unity. Le visuel pouvait juste être potable. Mais Cloudpunk insuffle une certaine magie. Il est dense, le choix du visuel un peu typé pixel art du plus bel effet me fait changer d’avis. Derrière un apparat simpliste, le jeu a bien plus de charme que certains AAA. Seul une distance d’affichage un peu aux fraises viendra mettre à mal cette sensation de grandeur de la ville. Les quartiers sont riches de sens et de cohérence, les situations avec les PNJ assez drôles autant qu’elles peuvent être bouleversantes. Côté durée de vie, la dizaine d’heures nécessaires à mener l’aventure à son terme m’aura contentée. Je n’ai pas eu de moment de lassitude ; l’ennui ne nous gagne jamais. Chaque livraison est courte et intéressante. Il est clair que le jeu n’est pas optimal, je lui préfère sa mouture PC plutôt que console (la dernière née de NINTENDO est clairement en deçà du reste).


Conclusion :

Il est une expérience rafraîchissante, prenante et constamment interrogative. J’insiste sur l’épaisseur des dialogues. Joues-y et tu comprendras. Pour son prix, tu ne le regretteras pas !

Un de mes coup de cœur de cette année 2020, qui se révèle plus riche qu’escomptée.

Points positifs :

– Une ambiance sonore sublime
– Une écriture presque sans fautes
– Une profondeur d’univers délectable

Points négatifs :

– Du clipping sur console assez moche               
– Des bugs de tearing assez indigestes (sur PS4 classique)
– Une petite pépite narrative dans un écrin bas de gamme…

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