Ghostrunner – Quand Mirror’s Edge rencontre Hotline Miami

Sortir un FPP (First Person Perspective) basé sur le die & retry est assez culotté et novateur. Ghostrunner se veut comme le croisement d’un Cyberpunk 2077 pour son univers, Mirror’s Edge pour son gameplay et Hotline Miami pour son côté one shot die & retry. Ce shot d’adrénaline pur et prometteur, aurait pu être un semi-échec… mais la réussite est totale.

Support : PC / PS4 / Xbox One (testé sur PS4) – Éditeur : 505 Games – Développeur : One More Level / 3D Realms – Genre : FPP – Sortie : 27 octobre 2020 – Prix standard : 30€ – PEGI +18

 

Le cyberpunk retrouve ses lettres de noblesse.

Depuis la découverte de Cyberpunk 2077, l’univers cyberpunk était un peu mis de côté depuis le milieu des années 90. Il revient sur le devant de la scène et ses codes s’approchent de notre quotidien réel. Du transhumanisme en passant par la dystopie du monde, à un chaos qui ne tient que sur un fil, il est légitime d’imaginer un futur morne, sombre et en proie à l’anarchie. Nous sommes loin d’un futur radieux, non… le cyberpunk (dont je suis clairement fan), est une vision pessimiste du monde et de l’humanité. Si vous voulez vraiment savoir pourquoi cet univers est autant revenu à la mode, il suffit de voir le monde tel qu’il est aujourd’hui. Ghostrunner, comme Cloudpunk (dont vous pouvez retrouver ma critique), explore ce monde en y apportant sa vision. 

 

Ici les codes du genre sont respectés. Notre personnage est doté d’implants cybernétiques, prétextes à simuler un arbre de compétence (à l’instar d’un certain Deus Ex). Cependant ce menu est en mode Tetris (inventaire à case), où bien imbriquer les icones nous permettra d’optimiser l’espace et maximiser l’aptitude du héros. Plus la compétence est performante, plus elle prendra de la place. Tu veux trouver tous les collectibles ? Tu peux mettre une aide visuelle, te privant d’une place précieuse pour d’autres compétences. Et in fine, si tu mets un gros facilitateur, tu te retrouveras privé d’autres éléments. Sachant que l’arbre est modifiable à l’infini, tu pourras le modifier à tout moment. Pratique quand tu te retrouves face à plusieurs ennemis coriaces… sans parler des phases de plateformes, pointues et impitoyables. Impitoyables oui, mais jamais frustrantes.


Un petit goût de Mirror’s Edge

Quand je dis Mirror’s Edge, qui m’a mis une monumentale claque en 2008, je parle de ce gameplay accrocheur. À la fois simple et diablement profond. De cette courbe d’apprentissage presque parfaite. Ghostrunner est au départ assez déroutant. Les premiers ennemis peuvent nous rebuter. En effet, se faire one-shot n’a rien de bien amusant, surtout quand la menace est multiple. Les ennemis peuvent parfois être nombreux et surtout mortels à chaque fois. Après avoir essuyé quelques plâtres, on prend pleinement conscience du rythme du jeu. Chaque affrontement est millimétré, calculé et trouver le bon rythme fera de chaque joute un ballet meurtrier absolument succulent. Quel plaisir une fois le dernier ennemi tranché !! À ce niveau, le jeu est une vraie leçon de game-design. Plusieurs chemins sont possibles, mais le cheminement optimal transparaît assez vite. La progression par l’échec pourrait se révéler vite frustrante, mais finalement il n’en est rien. Le jeu à ce petit quelque chose de diablement addictif, comme Hotline Miami à son époque.

 

La belle crasse

L’univers Cyberpunk est poisseux, crasseux, sombre et repoussant. Mais Ghostrunner est flatteur. Le jeu est vraiment propre, surtout sur PC où le Ray-Tracing fait des miracles. Le chara-design est léché, le personnage principal d’une classe folle et les indicateurs de chemin à suivre sont bien trouvés. Parfois grossiers certes mais au moins, difficile de se perdre dans se dédale de tôle et de béton. Visuellement sur consoles c’est propre, mais bien loin des mastodontes actuels. Ils s’en sort avec les honneurs malgré tout. N’oublions pas que c’est un jeu indé et non un first party. Pourtant quand on voit le trailer difficile de se dire que c’est un petit jeu… il a tout d’un grand. Une durée de vie conséquente, un scénario travaillé et plutôt bien fichu, une bande-son de qualité et un gameplay quasiment parfait. C’est à ce niveau qu’on peut reconnaître le talent de certains développeurs, qui avec un budget moindre, nous servent un soft maîtrisé et au potentiel énorme.


Synthé du grenier pour mélodie torturée.

La composition sonore est aussi à saluer. Comme d’habitude avec le cyberpunk post 90’s, les sonorités rétros sont à l’honneur. Les synthés crachent leurs notes les plus lourdes, renforçant la noirceur de l’univers qui nous est dépeint. Des compositions pas aussi plaisantes que du Carpenter Brut où du The Midnight, mais ça fait largement le café. Tantôt plus posé, notamment dans les phases de réalité virtuelle, la bande-son est une bonne pioche. Pas aussi inoubliable que Furi, mais suffisamment entraînante pour être repérable. Quand je te dis que ce jeu est une petite pépite !

Ninja 2.0

Tu es un Ghostrunner, un gardien, sorte de ninja futuriste aux capacités surhumaines. Ton katana te permet de trancher tes ennemis d’un seul coup. Tu cours contre les murs, tu utilises ton grappin, tu ralentis le temps brièvement pour fondre sur ta proie. Tu es crains, tu es un combattant hors pair. Mais tu es à la fois terriblement vulnérable. Il suffit d’une balle, d’un coup… et tu trépasses. Cette fragilité sera compensée par ta mobilité hors du commun. Seule ta vitesse d’exécution et ta parfaite maîtrise du terrain te permettra de te défaire de la horde d’ennemis qui se mettra en travers de ta route. Et crois moi, tu seras terrassé, encore et encore, jusqu’à connaître un parcours sur le bout des doigts, jusqu’à ne faire plus qu’un avec ton corps.

C’est cette sensation, déjà ressentie dans Mirror’s Edge, que Ghostrunner nous permet à nouveau d’éprouver. Le jeu se veut exigeant, et dispose d’un gameplay qui ne nous fera pas défaut. Il est précis, pointu et jouissif. Courir le long d’un mur, pour passer de l’autre côté d’une pièce et ensuite ralentir le temps pour fondre sur un ennemi en lui assénant le coup de grâce… c’est ça Ghostrunner ! Une aventure menée à cent à l’heure et qui ne te donne jamais l’occasion de souffler. Un soft jubilatoire, taillé pour les speedrunners. Moi qui n’aime pas les jeux trop durs j’ai pu l’arpenter, non sans mal certes, mais jamais en étant démoralisé par une difficulté injuste. Il faut apprendre encore et encore, jusqu’à être LE Ghostrunner.


Conclusion

Ma surprise de 2020, sans hésitation aucune. Je te laisse, j’ai le katana qui me démange.

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