Resident Evil Village – L’enfer du décor

Le Resident Evil nouveau est arrivé il y a quelques semaines. Après nous avoir teasé pendant plusieurs semaines un retour aux sources avec le château et ses grandes pièces, tels les manoirs de l’époque de Racoon City, le jeu de peur de Capcom se livre à nous.

Support : PC / Playstation / Xbox / Stadia (testé sur PS5) – Éditeur / Développeur : Capcom – Genre : Survival Horror – Sortie : 07/05/2021 – Prix standard : 50€ – PEGI +18

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Comme toutes les productions de l’éditeur et développeur japonais, le jeu utilise le moteur phare maison, le RE Engine. Nous avions pu découvrir son potentiel sur Resident Evil 7, puis il confirmait sa justesse dans d’autres productions telles que Resident Evil 2 ou encore Ghost’n Goblin Résurrection (même si le rendu n’est pas le même, le moteur y fait de belle prouesse).

 

Premier titre de la maison à sortir sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S, il se devait de nous surprendre pour marquer le gap technologique des deux générations. C’est bien le cas, le titre propose un superbe environnement, une fluidité au rendez-vous et des effets d’ombres, de lumières et de reflets saisissants de réalisme. De quoi nous mettre dans l’ambiance parfois froide et parfois chaleureuse d’un étrange village perdu en Europe de l’Est. Cependant, le visuel bien qu’impressionnant reste rigide, cela rompt avec l’immersion. Là où The Last of Us Part II, sorti quasiment un an auparavant sur PlayStation 4, montre un environnement souple avec lequel nous avons la sensation d’interagir. Le titre de Capcom se montre beaucoup plus statique. Comme si tout n’était qu’un assemblage de décors de cinéma, fixes et sans profondeur. Quelque chose de fixe et froid. Le RE Engine propose une sorte de rendu en céramique. C’est très beau, mais je me suis senti être à part de l’environnement et de l’action. Cela casse un peu l’immersion globale.

Côté peur le jeu n’est pas Resident Evil 7, qui lui était beaucoup plus imprégné d’un sentiment étouffant, de craintes, d’angoisse et jump scare au moindre couloir. Cet épisode se veut beaucoup plus orienté action, à l’instar de Resident Evil 4 en son temps, les deux redéfinissent les bases du genre. Ce n’est pas anodin, puisque ce Resident Evil Village s’inspire ouvertement du quatre sur plusieurs points. Le niveau du village en Europe et son bestiaire auraient pu en être directement importé. La sensation de survie et de peur créées par le manque de munition ou d’arme puissante, est ici complètement balayé d’un revers de la main. Le village et le château regorgent d’une multitude d’armes, et tout autant de ravitaillement ou de quoi en crafter (auprès du Duc, le marchand qui vous suit tout au long de l’aventure).

 

De ce fait, je me suis assez souvent senti en sécurité avec mon équipement à la rambo. Il y a même un étrange passage dans le jeu qui nous propose de prendre part à une phase de shoot à la première personne digne des plus grands Call of Duty. Toutefois, il est important de préciser que j’ai parcouru un premier run de l’aventure (visible entièrement en stream) en difficulté standard. D’autres modes plus élevés permettent au plus persévérants de rencontrer un challenge accru. Ce qui devrait renforcer la partie survivaliste de ce titre. Si vous avez les armes en horreur, vous pouvez aussi simplement suivre l’histoire au fil de sa narration. Tout est prévu pour que chaque type de joueur y trouve son compte.

Côté écriture, le jeu est la suite directe de Resident Evil 7, un « previously » en début d’aventure, résume les grandes actions du précédent épisode, pour mieux comprendre les tenants et aboutissants du personnage principal. Il est cependant conseillé d’avoir joué au 7 avant de commencer Village, car il reste néanmoins des références que le résumé ne raconte pas. Ceci dit, le jeu reste très prévisible, autant dans son histoire que son déroulé, avec quelques déceptions. Le titre se divise en 4 parties et bien que le château soit au centre de la campagne de communication, il n’est qu’un petit segment du jeu, d’environ 2 heures si vous prenez votre temps. Sur une durée de jeu d’approximativement 14 heures. 

 

En résumé il s’agit d’un très bon Resident Evil, mais assez imparfait. Notamment avec des idées pas assez exploitées, un jeu trop facile en normal, il faut aller chercher dans les niveaux de difficulté plus élevés pour y trouver de l’angoisse. Sa progression est cousue de fil blanc, l’écriture est bien trop prévisible. Il reste néanmoins un jeu impressionnant à observer sur la précédente ou la nouvelle génération, mais qui manque de caractère pour s’immerger complètement dans l’expérience survivaliste. En l’état, cela trempe beaucoup trop dans un film hollywoodien et vire parfois au grand n’importe quoi. 

Conclusion :

La grande Lady Dimitrescu qui nous est présentée comme un élément central de cet épisode, n’est pas utilisée à son plein potentiel. Alors que dans Resident Evil 2 Remake, Capcom introduit Mister X, une sorte de Némésis qui nous traquait dans le commissariat avec ténacité (qui a pu traumatiser quelques joueurs), l’éditeur ne semble pas vouloir réitérer cette performance. Sans compter le Némésis de RE3 remake, qui était tout juste passable. Ce qui est bien dommage, car la traque de Lady Dimitrescu dans sa grande demeure est assez risible. Il y a quelques sursauts de peur quand nous la découvrons derrière une porte, mais elle reste très facile à semer et la boutique du Duc est une zone de sécurité où elle ne viendra pas nous embêter. Ce passage est court et me paraît mal exploité, alors qu’il y avait là un fort potentiel. Cela reste marquant dans ce volet, mais il ne restera pas mémorable dans la série.

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